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Joëlle Cousin

Violin

Joëlle Cousin commence ses études musicales à Lyon puis au Conservatoire de musique de Versailles. Elle entre ensuite au Conservatoire de Paris – CNSMDP où elle obtient un Premier prix de violon dans la classe de Pierre Doukan et un Premier prix de musique de chambre en 1991.
Elle y effectue un troisième cycle de violon solo et se perfectionne auprès d’Irina Botchkova (Moscou) et de Veda Reynolds (Philadelphie) avant d’être reçue au Royal College of Music de Londres.

Membre de plusieurs formations de musique de chambre (Sonate, Trio avec piano, Quatuor à cordes), elle a notamment été invitée au Festival de Radio France à Montpellier, au Théâtre du Châtelet, et lors de plusieurs tournées au Japon. Elle s’est produite avec les membres du Quintette Moraguès, et les solistes de l’Orchestre de Paris, dont elle est membre depuis 1994.
Titulaire du CA, Joëlle Cousin enseigne le violon au Conservatoire du 6e arrondissement de Paris.

Interview

Une œuvre pour faire découvrir la musique symphonique ?

Le Concerto pour orchestre de Bartók.L’ensemble de l’orchestre y est superbement mis en valeur, notamment dans le deuxième mouvement où chaque instrument est présenté en duo. Et le Finale est tellement énergisant, comme si on était pris dans un tourbillon.

Le plaisir de la scène ?

Il y a un plaisir particulier à être à l’intérieur d’un orchestre. Nous sommes si nombreux que nous développons une puissance extraordinaire. C’est une sensation très physique et exaltante. J’ai la chance de pouvoir jouer parfois en bord de scène, et de pouvoir ainsi ressentir au plus près la présence et l’attention du public. En tournée, la diversité des publics selon les pays et les salles est vraiment palpable et stimulante !

Le dernier disque que vous avez acheté ?

Un disque du pianiste jazz Guillaume de Chassy. L'écoutant à la radio, je distinguais des thèmes d'Eisler et Prokofiev sans les reconnaître vraiment. La réappropriation du répertoire classique par son trio est vraiment fascinante

L’enseignement ?

J’ai obtenu mon Certificat d'aptitude et enseigne au Conservatoire du 6ème arrondissement de Paris. J’ai aussi encadré les jeunes violonistes de l’Orchestre DEMOS, ce magnifique projet qui permet à des jeunes enfants en difficulté de s’initier à la musique. Avec les élèves très avancés comme avec les débutants, tout est possible avec la passion et l’exigence ! Et quel plaisir de voir les enfants de DEMOS jouer fin juin tous ensemble à la Philharmonie ! 

Un chef qui vous a éblouie ?

Sans conteste, Klaus Mäkelä dès sa première venue !  Cette première rencontre contenait toutes les promesses d’une relation d’exception, que nous avons la chance de vivre désormais  au quotidien avec lui. Enthousiasme, exigence et efficacité, le tout conjugué à la perfection !

Un compositeur au-dessus de tous les autres ?

Bach. Une synthèse idéale : l’alliance entre la tête et le corps, l’intelligence et l’émotion. Je ne pourrais pas vivre sans sa musique.

Votre violon, simple objet ou être vivant ?

Plus qu’un objet, c'est un compagnon de vie.Je n’ai quasiment aucun souvenir d’avoir vécu sans lui, car j’ai commencé l’instrument à l’âge de 4 ans. Il m’accompagne dans toutes les étapes de ma vie. À la naissance de mon fils, j’ai tenu à jouer un Andante de Bach, avant de partir à la maternité, que j’ai rejoué une fois revenue chez moi, avec le bébé à mes côtés. 

Le métier que vous auriez fait, si vous n’étiez pas devenue musicienne ?

Petite, je voulais être astrophysicienne. Aujourd’hui, je suis fascinée par les neurosciences. Les neurones miroirs sont passionnants à étudier (ces cellules nerveuses qui activent votre cerveau quand par exemple vous voyez quelqu’un bâiller ou rire) et permettent des avancées majeures dans la pédagogie. Quand j’enseigne, je joue autant que possible avec mes élèves pour que le mimétisme fasse son œuvre

Où peut-on vous trouver quand vous n’êtes pas sur scène ?

Sur un bateau. Une passion qui me vient de l’enfance. La navigation ressemble un peu à la musique : c’est une activité physique et intellectuelle à la fois, au cœur d'un élément bien plus puissant que nous.