Concert avec entracte - fin du concert aux environs de 22h30
Les bis du concert, interprétés à la clarinette par Pascal Moraguès accompagné de l'Orchestre de Paris, étaient de Carl Maria von Weber : quatrième et troisième mouvement du Quintette pour clarinette et cordes op.34, version clarinette et tutti cordes.
Passer de Mozart à Brahms, voir en l’espace d’un concert l’orchestre s’étoffer, les cordes devenir lyriques, les cuivres épaissir le son.
Pourtant le Brahms qui signe alors son retour à la symphonie sort d’une longue exploration de la musique de chambre. Sa symphonie ne reniera pas l’équilibre parfait du Mozart de 1782 qui écrit son Concerto pour clarinette. Entre deux mouvements puissants et animés, Brahms encapsule un monde délicat - un mouvement lent où chantent les bois et un de ses plus beaux thèmes au parfum slave (si beau que Gainsbourg le lui empruntera !). Le retour à Mozart, sa clarinette légère, fait écho au cœur de la symphonie de Brahms, comme la dernière fumerole d’une bougie consumée.
La direction de Christoph Eschenbach, la clarinette de Pascal Moraguès. Alchimie d’un programme.
Le chef
d’orchestre achève cette saison une décennie à la tête de l’Orchestre
de Paris. Avec ses musiciens, il a embrassé un répertoire très large,
dans lequel Mahler est une dominante très forte. Il a contribué à
consolider l’institution qui lui était confiée, créant par exemple une
Académie pour y accueillir les jeunes musiciens.
Le parcours de Christoph Eschenbach tient de l’exceptionnel. Orphelin
de la Seconde Guerre mondiale, c’est par la musique et le piano qu’il
retrouve le chemin de la vie. C’est en voyant diriger Wilhelm
Furtwangler en concert qu’il décide de devenir lui-même chef. Karajan
lui offre son premier enregistrement au clavier, George Szell ses
premières leçons de direction. Il décroche ses premières grandes
responsabilités musicales dans les années 80 –London Philharmonic
Orchestra, Orchestre de la Tonhalle de Zürich, Houston Symphony
Orchestra. Elles s’amplifient pendant la décennie suivante –Ravinia
Festival avec le Chicago Symphony Orchestra, Norddeutscher Rundfunk
Orchester à Hambourg, Festival du Schleswig-Holstein. La décennie 2000
est celle de la consécration, à la tête de l’Orchestre de Paris et du
Philadelphia Symphony Orchestra. Cela fait plus de trente ans qu’il
dirige et Christoph Eschenbach, passionné par la création et le travail
avec les nouveaux talents, se voit bien continuer trente ans encore.
Pascal Moraguès est entré l’Orchestre de Paris en 1981, comme Première Clarinette solo. Il était le benjamin de l’orchestre. C’est l’époque également où avec ses deux frères Pierre (cor) et Michel (flûte) il créa le quintette Moraguès, complété par David Walter (hautbois) et Patrick Vilaire (basson), que Sviatoslav Richter choisit pour enregistrer le Quintette pour piano et vents de Beethoven.
Sa carrière de soliste a associé plusieurs fois Pascal Moraguès à l’Orchestre de Paris, notamment pour le Concerto pour clarinette de Mozart. Il a joué sous la direction de Daniel Barenboim, Pierre Boulez, Semyon Bychkov, Carlo Maria Giulini, Zubin Metha, Emmanuel Krivine, Frans Brüggen... Il se produit en musique de chambre aux côtés de Christian Zacharias, Elena Bashkirova, Oleg Maisenberg, Joseph Kalichstein, Schlomo Mintz, Joshua Bell...
Pascal Moraguès enseigne au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris depuis 1995 et à Osaka au Japon depuis 2004. Il donne, en outre, de nombreuses master-classes.