C’est avec la Troisième Symphonie qu’un chef invité du nom de Leonard Bernstein apporta Mahler pour la première fois à l’Orchestre de Paris, en 1970.
Aujourd’hui, au terme d’une intégrale des symphonies qui couronne dix ans d’exploration de cette musique, Christoph Eschenbach, mahlérien passionné lui aussi, ouvre sa dernière saison avec cette œuvre, la plus longue du compositeur, monumentale, tonale et pyramidale.
On viendra guetter son finale adagio - le premier qu’écrit Mahler (geste qu’on retrouvera exacerbé dans la Neuvième Symphonie).
On viendra arpenter l’immense premier mouvement et plonger dans le sublime nocturne central, pour retrouver Mihoko Fujimura, magnifique mezzo-soprano dans la Tétralogie au Châtelet en 2005 et dans la Symphonie n°2 "Résurrection" qui ouvrit la saison 2006/2007.
Le chef d’orchestre achève cette saison une décennie à la tête de l’Orchestre de Paris. Avec ses musiciens, il a embrassé un répertoire très large, dans lequel Mahler est une dominante très forte. Il a contribué à consolider l’institution qui lui était confiée, créant par exemple une Académie pour y accueillir les jeunes musiciens.
Le parcours de Christoph Eschenbach tient de l’exceptionnel. Orphelin de la Seconde Guerre mondiale, c’est par la musique et le piano qu’il retrouve le chemin de la vie. C’est en voyant diriger Wilhelm Furtwangler en concert qu’il décide de devenir lui-même chef. Karajan lui offre son premier enregistrement au clavier, George Szell ses premières leçons de direction. Il décroche ses premières grandes responsabilités musicales dans les années 80 –London Philharmonic Orchestra, Orchestre de la Tonhalle de Zürich, Houston Symphony Orchestra. Elles s’amplifient pendant la décennie suivante –Ravinia Festival avec le Chicago Symphony Orchestra, Norddeutscher Rundfunk Orchester à Hambourg, Festival du Schleswig-Holstein. La décennie 2000 est celle de la consécration, à la tête de l’Orchestre de Paris et du Philadelphia Symphony Orchestra. Cela fait plus de trente ans qu’il dirige et Christoph Eschenbach, passionné par la création et le travail avec les nouveaux talents, se voit bien continuer trente ans encore.
La cantatrice japonaise Mihoko Fujimura étudie à l’université de Tokyo et à la Hochschule für Musik de Munich. Elle débute dans la troupe de l’Opéra de Graz en Autriche de 1995 à 2000 avant d’obtenir une reconnaissance internationale avec ses apparitions au Festival de Bayreuth qui n’a cessé de l’inviter depuis.
Son répertoire couvre en effet les grands rôles wagnériens comme Kundry (
Parsifal), Brangäne (
Tristan et Isolde), Vénus (
Tannhaüser), Fricka (
La Walkyrie). C’est dans ce rôle que Christoph Eschenbach l’a dirigée, avec l’Orchestre de Paris dans la fosse du Théâtre du Châtelet, lors de la
Tétralogie dans la mise en scène de Robert Wilson en 2005/2006.
Elle est également une magnifique interprète de Mahler et l’Orchestre de Paris l’a aussi invitée en septembre 2006 pour la
Symphonie n° 2 Résurrection, lors de l’inauguration de la Salle Pleyel rénovée.
Dans tous ces répertoires, son chant possède le juste l’équilibre entre expressivité théâtrale et raffinement instrumental.
Avec une solide formation de direction d'orchestre, Didier Bouture a
privilégié le travail choral, recherchant notamment l'enseignement de
grands spécialistes comme Eric Ericson, Edward Higginbottom ou David
Willcocks. Il a dirigé la maîtrise "Les Petits Chanteurs de Paris",
puis le chœur Saint-Thomas d'Aquin. Depuis février 1999, il exerce les
fonctions de directeur artistique et pédagogique du Centre d'art
polyphonique de l'ARIAM Ile-de-France, il co-dirige depuis 2002 le
Chœur de l’Orchestre de Paris. Didier Bouture est lui-même haute-contre
et chante au sein du Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet.
La Maîtrise de Paris est un département du Conservatoire National de Région de Paris. Mixte, elle recrute des enfants à partir de huit ans et leur offre une formation musicale complète : chant, solfège, technique vocale, pratique instrumentale.
La Maîtrise se produit régulièrement avec les orchestres français, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre National d’Ile-de-France, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’Orchestre du Capitole de Toulouse mais aussi étrangers, comme le London Symphony Orchestra. Elle participe également à des productions lyriques comme le
Werther de Massenet au Châtelet en 2004, sous la direction de Michel Plasson.
La Maîtrise enregistre également. Galllimard-Jeunesse lui a confié des Chansons de France qui ont obtenu le Coup de coeur de l’Académie Charles Cros en 2003.
Patrick Marco effectue des études de solfège, harmonie, histoire de la musique, violoncelle, musique de chambre et chant choral. Parallèlement, il suit le cycle d’études des techniciens de la musique à Sèvres et travaille la direction de chœurs.
En 1980, il est nommé chef de chœur puis directeur musical de la Maîtrise de Paris. Il fonde son ensemble vocal Le Paris Consort, devient chef de chœur de l’Orchestre Colonne en 1990 et directeur du Département de direction de chœur au Conservatoire National de Région de Paris. En 1999, Patrick Marco et la Maîtrise de Paris obtiennent le Prix de chant choral Liliane Bettencourt décerné par l’Académie des Beaux-Arts.
Il est responsable de nombreux stages de chant choral et lyrique en France et à l’étranger.