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Marie Van Wynsberge

Contrebasse

Née en 1987, Marie Van Wynsberge débute la musique en pratiquant la clarinette. Rapidement, elle se tourne vers la contrebasse qui sera son instrument de prédilection. Très vite repérée pour ses qualités instrumentales et musicales, elle est sélectionnée pour entrer à l'Orchestre des Jeunes de la Communauté Européenne dès 2001.
En 2005, après l'obtention de son DEM au conservatoire de Boulogne-Billancourt dans la classe de Daniel Marillier, elle se distingue en remportant le Deuxième Prix du concours de cordes d’Epernay, puis le Deuxième Prix ainsi que le Prix du public et celui de la ville au Concours International de Contrebasse J.M. Sperger en Allemagne.
Marie Van Wynsberge se produit depuis régulièrement en soliste, accompagnée par la Philharmonie de chambre de Pologne, l'Orchestre d'Auvergne, ou en formation de musique de chambre entourée de musiciens talentueux tels que François Leleux, Heinrich Fisch, Olivier Besnard, Svetlin Roussev... Passionnée par l'orchestre, Marie est nommée co-soliste de l'Orchestre National de Lyon en 2006, puis elle intègre en 2012 l'Orchestre Philharmonique de Radio France pour y être nommée 2ème soliste, avant de rejoindre l’Orchestre de Paris en 2017. Elle enseigne également la contrebasse au CRD de Romainville.

 
iw

son
interview

Votre entrée à l’orchestre ?
Je n’y suis que depuis septembre ! C’est une immense fierté, car j’adorais venir écouter l’orchestre en tant que spectatrice. C’est un vrai honneur de faire partie du pupitre des contrebasses, qui est un magnifique pupitre "à la française", alliant clarté, puissance et cohésion.
La musique qui a bercé votre enfance ?
L’orgue de mon père. Enfant, j’étais impressionnée par ce son qui emplit n’importe quel édifice. L’héritage de mon père et du 16 pieds (registre grave de l’orgue) m'ont certainement influencée pour choisir la contrebasse, qui est le "16 pieds" de l’orchestre.
Le compositeur qui écrit le mieux pour votre instrument ?
Mahler. J’ai une prédilection pour la Symphonie no 9 que nous avons donnée sous la direction de Daniel Harding. Dans les mouvements lents, il accorde une grande place à la ligne des basses, et les contrebasses peuvent ainsi entraîner tout l’orchestre...
Si votre instrument était un être vivant ?
Un arbre, pour l’ancrage de ses racines et, en même temps, comme symbole de la vie et du temps qui passe.
Le ou la musicien(ne) absolu(e) ?
Nous venons de faire une tournée avec Maria João Pires. Quel choc et quelle femme extraordinaire ! J'ai aussi beaucoup d'admiration pour un ami compositeur, Patrice Rault, j'aimerais pouvoir vivre quelques heures dans sa tête pour suivre le cheminement de la création.
Le souvenir d’un concert extraordinaire ?
J’ai participé à un concert dirigé par Myung-Whun Chung avec des musiciens de Corée du Nord. Une expérience marquante, nos échanges avec les musiciens coréens étaient très surveillés, leurs faits et gestes aussi, et la musique, seule, pouvait nous rassembler.
Votre dernier enthousiasme ?
J’ai adoré la Mass de Bernstein. L’orchestrel’a donnée en mars et le concert a été forten émotion. Il y a dans cette oeuvre une telle diversité musicale, et la communion avec le public, qui régnait ce soir-là, était vraiment extraordinaire.
Si vous n’étiez pas devenue musicienne ?
J’aurais aimé ouvrir un bar, si possible près d’une salle de concert. Je suis épicurienne et j’aime partager.
Un film de chevet ?
Breaking the waves de Lars von Trier. Un film bouleversant qui joue avec mes peurs les plus profondes. La puissance et la folie de l’amour, l’emprise de la religion et l’impact des liens familiaux.
Vos projets en-dehors de l’orchestre ?
Faire découvrir le répertoire de la contrebasse. Nous, contrebassistes, jouons souvent des transcriptions alors que des chefs-d’oeuvre existent. Je pense notamment aux concertos de Nino Rota ou Eduard Tubin. Le répertoire de la contrebasse reste hélas encore trop méconnu.
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Tant que je suis avec mon mari et ma fille de quatre ans, n’importe où !
Votre état d’esprit actuel ?
Heureuse chaque jour de faire ce métier.