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Concert avec entracte - fin du concert aux environs de 22h00
Rythmicien et coloriste attentif, Josep Pons propose au milieu d’un tout-Ravel l’étourdissant concerto de Bartók, percé de silence mais réservé aux colosses. Une façon de redire combien les deux hommes étaient contemporains et explorateurs de mondes sonores. Avec en creux ou en lumière, l’instrument-clef du XXe siècle naissant, cher plus que tout aux deux musiciens : le piano.
Ravel comme Bartók s’exprimèrent en effet d’abord par le piano et laissent une littérature abondante pour l’instrument, dont les capacités percussives, harmoniques, servent les idées modernes du début du siècle.
Ravel ne connut pas immédiatement le succès comme compositeur symphonique. Loin s’en faut : sa Shéhérazade, une ouverture pour orchestre, reste d’abord totalement ignorée. Il en reprendra des éléments pour composer ces trois mélodies d’une troublante sensualité, qu’il orchestrera ensuite.
En fait, il lui faudra attendre dix ans après cette première tentative pour enfin s’imposer avec la Rhapsodie Espagnole, inspirée de danses comme le fandango ou la habanera. Le matériau original de ses œuvres pour piano, elles aussi très inspirées par l’Espagne, offrira à Ravel la possibilité d’orchestrations virtuoses, à la mesure de la partie soliste, comme celle de l’Alborada del Gracioso, adaptée des Miroirs pour piano de 1905.
Le Boléro et le Concerto n°2 de Bartók sont contemporains. Ils attirent l’attention par l’importance du rythme comme une dimension devenue centrale dans la composition. Chez Ravel, elle peut apparaître provocatrice. Chez Bartók, plus essentielle.