Concert avec entracte - fin du concert aux environs de 22h10
Berlioz, l’inséparable. L’Orchestre de Paris le joue avec ferveur et Christoph Eschenbach ne pouvait pas concevoir sa dernière saison sans lui.
La Fantastique ! L’impulsion fut donnée par Charles Munch, et tous les directeurs musicaux qui l’ont suivi se sont plongés corps et âme dans cette symphonie à part, cette hallucination romantique aux thèmes aujourd’hui populaires, qui reste une prouesse orchestrale et dont chaque concert est un enjeu. Mais plus globalement, c’est toute l’œuvre de Berlioz qui fut explorée : son Te Deum par exemple marqua la création du Chœur de l’Orchestre en 1977. Et si l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, ancêtre de l’orchestre actuel, honora le centenaire de Berlioz en 1903, l’Orchestre de Paris mena un projet considérable pour son bicentenaire de 2000 à 2003, parcourant toute l’œuvre symphonique du compositeur. La Mort de Cléopâtre y figurait, cantate que Berlioz soumit au jury du Grand Prix de Rome en 1829. Candidature infructueuse (il serait récompensé à sa quatrième tentative, l’année suivante), mais déjà le souffle grandiose et noble de son écriture lyrique est là, qui s’épanouira d’ouvrage en ouvrage, jusqu’aux Troyens et aux Nuits d’été, ses chefs d’œuvres.
C’est l’occasion de retrouver Waltraud Meier, que l’Orchestre de Paris n’avait pas accueillie depuis sa magnifique Kundry dans Parsifal en 1997 au théâtre du Châtelet.
Le chef
d’orchestre achève cette saison une décennie à la tête de l’Orchestre
de Paris. Avec ses musiciens, il a embrassé un répertoire très large et a contribué à
consolider l’institution qui lui était confiée, créant par exemple une
Académie pour y accueillir les jeunes musiciens.
Le parcours de Christoph Eschenbach tient de l’exceptionnel. Orphelin
de la Seconde Guerre mondiale, c’est par la musique et le piano qu’il
retrouve le chemin de la vie. C’est en voyant diriger Wilhelm
Furtwangler en concert qu’il décide de devenir lui-même chef. Karajan
lui offre son premier enregistrement au clavier, George Szell ses
premières leçons de direction. Il décroche ses premières grandes
responsabilités musicales dans les années 80 –London Philharmonic
Orchestra, Orchestre de la Tonhalle de Zürich, Houston Symphony
Orchestra. Elles s’amplifient pendant la décennie suivante –Ravinia
Festival avec le Chicago Symphony Orchestra, Norddeutscher Rundfunk
Orchester à Hambourg, Festival du Schleswig-Holstein. La décennie 2000
est celle de la consécration, à la tête de l’Orchestre de Paris et du
Philadelphia Symphony Orchestra. Cela fait plus de trente ans qu’il
dirige et Christoph Eschenbach, passionné par la création et le travail
avec les nouveaux talents, se voit bien continuer trente ans encore.
C’est l’une des plus grandes chanteuses de sa génération.
Elle est bien sûr avant tout l’une des plus grandes interprètes wagnériennes, révélée dès 1983 à Bayreuth dans
Parsifal, couronnée dans ce statut par le
Tristan et Isolde conçu là dix ans plus tard par Daniel Barenboim et Heiner Muller.
Les rôles dramatiques italiens comme Eboli ou Amneris, dans
Don Carlo ou
Aida de Verdi, sont également les siens.
Waltraud Meier a aussi prouvé en trente ans de carrière un goût constant pour la découverte de nouveaux rôles : En 1998, Leonore dans
Fidelio de Beethoven. En 2001, Didon dans
Les Troyens de Berlioz, en 2004
Carmen de Bizet.
L’Orchestre de Paris l’a accueillie déjà en 1992 pour le
Wozzeck de Berg et en 1997 pour
Parsifal, deux productions scéniques réalisées au Théâtre du Châtelet, sous la direction de Daniel Barenboim et Semyon Bychkov.