Pierre Boulez s’est affirmé avec Stockhausen, Berio, Ligeti et Nono
comme une des plus fortes personnalités de cette génération qui
commença à se faire entendre après-guerre dans les années 50. À
l’époque Pierre Boulez dirigeait déjà une série de concerts à Paris –
le Domaine Musical- où l’on se bagarrait parfois entre auditeurs.
Ce lien entre écriture et exécution, entre compositeur et chef
d’orchestre, est un trait marquant de Pierre Boulez. Parallèlement à
son travail de création, il revisita Wagner dans les années 60, dirigea
l’Orchestre philharmonique de New York de 1971 à 1977, succédant à
Leonard Bernstein, fut chef permanent du BBC Symphony Orchestra à
Londres, de 1971 à 1975. À Paris, au milieu des années 70, on lui
confia simultanément l’IRCAM, institut nouveau dédié à la recherche sur
la composition et l’outil de diffusion de la musique d’aujourd’hui
qu’est l’Ensemble InterContemporain, tous deux sous sa responsabilité
jusqu’en 1992.
Pierre Boulez est compositeur et chef d’orchestre mais aussi penseur de
la musique et acteur du monde musical aux prises de position volontiers
provocatrices. Il avait d’autres idées pour l’Orchestre de Paris à sa
création, pour le développement musical en France, il fallait selon lui
"dynamiter les maisons d’opéra", il enterra Schoenberg dans un article
resté célèbre qui ouvrait les portes d’une nouvelle pensée musicale...
visions fécondes, au-delà de la polémique.
C’est
Le Marteau sans Maître qui reste son œuvre la plus connue, bien que très ancienne (1955), à égalité avec
Répons,
l’œuvre qui magnifia les possibilités développées à l’IRCAM de
transformation en temps réel du son d’un instrument, modifié et diffusé
quasi-simultanément. Pierre Boulez s’est également attaché à réaliser
de grandes formes musicales dont
Rituels et
...explosante-fixe...,
deux œuvres programmées ici, témoignent. Qu’il s’agisse d’œuvres
faciles d’accès ou d’autres plus tendues, la musique de Pierre Boulez
témoigne d’une richesse sonore, d’une abondance rythmique, de
contrastes remarquables.