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Philippe Dalmasso

Cor

Philippe Dalmasso obtient en 1985 un Premier Prix de Cor au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris – CNSMDP, dans la classe de Georges Barboteu.
Successivement Cor solo de l’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine et soliste de l’Orchestre national d’Ile-de-France, il devient membre de l’Orchestre de Paris en 1989. Lauréat du Concours international de Musique de Chambre de Colmar en 1988, il se produit régulièrement en formation de musique de chambre.
iw

son
interview

Si vous deviez définir votre instrument ?
Un vrai instrument caméléon dont le timbre fait corps avec les instruments avec lesquels il joue. Sa tessiture est énorme, du sol grave de la Symphonie fantastique de Berlioz aux aigus d’un Concerto brandebourgeois de Bach oud’une Symphonie de Haydn. Un instrument d’une richesse extraordinaire !
Votre rapport à l’instrument ?
Mon père me disait quand j’étais jeune: "Si tu veux jouer propre, il faut que ton instrument le soit aussi !". Il est important qu’il soit en parfait état de marche. J’en prends donc un soin infini.
La musique qui a bercé votre enfance ?
Mon père était professeur de basson, si bien que je crois avoir entendu tous les concertos pour basson qui existent (rires). Mon oncle, Jean-Marc Dalmasso, a été également très important pour moi. Il était cor solo à l’Orchestre de Bordeaux
Le pupitre de cors ?
Mes collègues sont absolument magnifiques ! Et je peux dire, sans trop m’avancer, qu’il s’agit véritablement d’un des plus peaux pupitres de cors de France. Des musiciens passionnés, aussi forts individuellement que collectivement. Nous jouons ensemble en dehors de l’orchestre, ce qui approfondit nos liens ; nous regardons tous dans la même direction musicale.
Votre compositeur de prédilection ?
Mozart est ma référence absolue. Il a écrit quatre concertos pour cor, qui sont très importants pour les cornistes. Chez Mozart, le cor est magnifiquement employé, le compositeur connaissait parfaitement la tessiture, les couleurs ainsi que la technique de l’instrument.
L’œuvre idéale pour faire découvrir la musique symphonique ?
Quand j’étais petit, j’ai entendu la Symphonie Alpestre de Strauss, un aboutissement en termes d’écriture orchestrale, mais aussi une musique très visuelle, qui décrit une journée du lever au coucher du soleil à la montagne. Cette œuvre extraordinaire, de par son effectif considérable, est assez peu jouée. En 28 ans à l’Orchestre, je n’ai dû la jouer que deux fois. (NDE: L'œuvre sera donnée les 6 et 7 décembre prochains)
Un chef qui vous a ébloui ?
J’ai eu la chance de jouer avec Leonard Bernstein en 1989, quelques mois avant sa mort. Un chef d’une énergie, passion et investissement hors-du-commun, et qui avait un contact exceptionnel avec les musiciens, d’une incroyable simplicité. Il «swinguait» dans la Neuvième Symphonie de Beethoven!
Où peut-on vous trouver quand vous n’êtes pas sur scène ?
Sur un tatami. Je suis ceinture noire quatrième dan de judo. C’est un art martial qui possède un code d’honneur comme les chevaliers. Je me suis par ailleurs fait tatouer les huit principes du bushido: le respect d’autrui, le courage, la sincérité, l’honneur, la modestie, le respect, le contrôle de soi, l’amitié. Le judo m’a énormément aidé pour la respiration et la gestion du stress
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
La musique de film. C’est une porte d’entrée idéale pour le grand répertoire, car il y a tellement d’échos de Strauss, Wagner, Debussy ou Stravinski dans ces musiques… 
Le public de vos rêves ?
En Corée, le public est extraordinaire. Silence absolu durant l’exécution, mais à la fin du concert, les gens se lèvent, applaudissent et hurlent; nous, musiciens d’orchestre, avons l’impression de faire partie d’un groupe de rock ! À la Philharmonie, j’aime quand le public applaudit entre les mouvements d’une symphonie. Au diable, les conventions !