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David Gaillard

Premier alto solo

Né en 1973, David Gaillard commence son apprentissage musical à l’Ecole Nationale de Musique (ENM) de Mulhouse où il remporte les Médailles d'or de violon, piano et formation musicale. Il poursuit ses études à l'ENM d'Aulnay-sous-Bois où il remporte les Premiers prix d'excellence de violon et alto et le Premier prix de musique de chambre.
Reçu premier nommé au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris dans la classe d'alto de Jean Sulem, il y remporte le Premier prix à l'unanimité avec les félicitations du jury, ainsi que le Premier prix d'harmonie à l'unanimité et le deuxième prix de contrepoint. Il intègre ensuite le cycle de perfectionnement durant lequel il suit notamment l'enseignement de Bruno Pasquier, Hatto Beyerle, Veronika Hagen.
Premier alto de l'Orchestre de Paris, il se produit aussi en formation de chambre avec des artistes comme Christoph Eschenbach, Menahem Pressler, Xavier Phillips, Marc Coppey, David Grimal dans des lieux prestigieux (Festival Messiaen, Nuits musicales catalanes, Théâtre du Châtelet, Salle Pleyel, Festival d'Aix-en-Provence).
David Gaillard a collaboré avec l'Ensemble intercontemporain, l'IRCAM, le Groupe de musique expérimentale de Marseille, l'ensemble Itinéraire, l'ensemble TM+ et fait également partie de l'orchestre de chambre Les Dissonances, et du groupe yiddish Sirba Octet.
iw

son
interview

Votre entrée à l’Orchestre de Paris ?
Je suis entré en 1998 en tant qu'alto du rang après deux concours, puis en 2004 au poste d'alto solo après quatre concours. 
Quelles qualités doit avoir un bon chef de pupitre ?
Une grande envie et un profond respect. Ces deux qualités, avec de l'expérience, peuvent éventuellement inspirer un pupitre... Mais mes collègues sont des musiciens très complets et se montrer à la hauteur reste un art délicat !
Votre rapport à l'instrument ?
Je parlerais plutôt de rapport à la musique au-delà de l' instrument et je crois que c'est précisément pour cela que j'aime l'alto : il change de rôle en permanence et se marie la plupart du temps avec d'autres instruments, ce qui me donne l' impression de les jouer tous !
La plus belle œuvre pour alto ?
Écoutez le Lachrymae de Britten, une œuvre inclassable, profonde, nostalgique et qui correspond parfaitement à mon instrument.
La pédagogie ?
Je viens d'une famille d'enseignants et ai moi-même toujours eu un lien avec l'enseignement. Pendant mes études, j'ai animé des ateliers musicaux en Zones
d'Éducation Prioritaire et ai par la suite gardé cette connexion avec les jeunes enfants en tant que professeur d'alto. J'ai maintenant la chance d'enseigner au Conservatoire de Paris; c'est une responsabilité à la fois éprouvante et très 
enrichissante. 
Une musique trop peu jouée par l'orchestre ?
Notre champ d'action s'est beaucoup élargi depuis l'arrivée à la Philharmonie et cela évolue encore. Moi qui ai beaucoup expliqué la musique aux enfants en les emmenant quelquefois loin hors des sentiers battus, je pense et j'espère que dans cette salle nous pourrons avoir ce rapport aussi avec les adultes.
Un soliste qui vous a ébloui ?
J'ai envie de vous parler d'un collègue qui m'a fortement marqué à mon arrivée à l'orchestre, c'est notre violoncelle solo Emmanuel Gaugué. J'espère avoir nourri mon jeu de la chaleur du sien. En tout cas, nous avons beaucoup de plaisir à jouer ensemble et j'en suis ravi !
Qu'auriez-vous pu devenir si vous n'étiez pas devenu musicien ?
Enfant, je me destinais aux sciences, médecine d'abord, puis physique atomique. Je retrouve souvent dans l'Orchestre de Paris le plaisir intellectuel que procurent les structures complexes...
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Le jour où je m'ennuierai, je ne sais pas où je m'enfuirai mais ce sera en courant !!