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Vicens Prats

Première flûte solo

Vicens Prats a effectué ses études musicales au Conservatoire de Barcelone. En 1982, il obtient le premier prix de flûte au Concours des Jeunesses Musicales en Espagne et est lauréat du Concours Maria Canals de Barcelone l’année suivante. À Paris, il est l’élève d'Ida Ribeira, de Michel Debost et de Jean-Pierre Rampal avant d’obtenir, en 1984, le premier prix de flûte à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, ainsi que le premier prix de musique de chambre dans la classe de Christian Lardé. En 1985, il est lauréat du Concours international de flûte de Kobe, au Japon.
Flûte solo de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse de 1987 à 1991, Vicens Prats est engagé comme flûte solo de l’Orchestre de Paris, en janvier 1991.
Parallèlement à sa fonction de soliste à l’Orchestre de Paris, Vicens Prats poursuit une activité pédagogique importante : il donne des master-classes dans le monde entier et est professeur à l’École supérieure de musique de Catalogne à Barcelone.
iw

son
interview

Quel effet cela fait d’appartenir à l’Orchestre de Paris ?
Groucho Marx disait qu’il n’appartiendrait jamais à un club qui l’accepte comme membre. Moi, c’est le contraire, j’aime beaucoup ce sentiment d’appartenance à un orchestre que j’aime !
Comment êtes-vous venu à la flûte ?
C’est l’instrument qui est venu vers moi ! On m’a mis une flûte à bec entre les mains (à l’époque, l’instrument ne coûtait que 330 pésètes)… j’ai mal tourné, je me suis mis à la flûte traversière (rires).
Quelle qualité faut-il pour devenir musicien professionnel ?
Pour devenir musicien amateur, il suffit de le vouloir et de le faire. Pour devenir musicien professionnel, il faut lutter pour se faire une place !
Votre rapport à l’instrument ?
J’ai un superbe instrument en or 24 carats. Je sens quelque chose de vivant en le jouant. Et puis... j’ai fait incruster l’écusson du Barça (Football Club de Barcelone) sur l’embouchure !
Les solos ?
Cette année, je suis extrêmement gâté. Nous avons fait Till L’Espiègle, Le Songe d’une nuit d’été, et cette semaine, Pierre et le Loup. Les solos sont toujours un véritable défi qui nous oblige à nous maintenir au plus haut niveau. Mon préféré, c’est toujours celui qui va venir.
Le plaisir de la scène ?
J’adore jouer avec l’orchestre. Je me régale chaque fois. Si à mon âge, on devient blasé, on est foutu !
Si vous deviez apprendre à jouer d’un autre instrument ?
Pourquoi devrais-je apprendre à jouer d’un autre instrument ? Ma façon de jouer ne vous plaît pas ? (rires)
Que seriez-vous si vous n’étiez pas devenu musicien ?
Boucher car mon père et mon grand-père l’étaient. Il y a quelques années, j’ai eu l’idée de monter une boucherie-restaurant où on pourrait acheter sa viande et la faire cuire sur place. Mais on a dû me piquer l’idée car cela existe maintenant !
Applaudir entre les mouvements ?
Au XIXe siècle, les gens applaudissaient entre les mouvements, et réclamaient parfois qu’un morceau soit rejoué dans son intégralité. Il y avait une grande interactivité entre l’orchestre et le public. Je suis pour toute manifestation d’enthousiasme du public !
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
Le répertoire français du XIXe siècle me passionne car il y avait un immense engouement du public pour la musique. Il n’y a pas que des chefs-d’œuvre, mais cette musique apporte beaucoup de plaisir et de légèreté. En plus, c’est le répertoire que la Société des Concerts du Conservatoire – qui est l’ancêtre de l’Orchestre de Paris –, jouait lors de sa création en 1828 !
Un compositeur que vous avez appris à apprécier ?
Je les aime tous. Nous venons de jouer la Troisième Symphonie de Sibelius ; je connais assez mal le répertoire nordique et cela a été une très belle surprise.
Vos passions en-dehors de l’orchestre ?
Ma famille, le Barça, la cuisine, mon Rolleiflex, l’Histoire, mon Stromer, mon Raleigh, mes Stetson, mes Tumi et bien sûr, mon petit Marius !
Quel est votre plus grand vice ?
Il y a le mot « vice » dans mon prénom (Vicens). C’est déjà tout un programme…