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Sophie Divin

Alto

Sophie Divin débute ses études de violon aux Conservatoires Nationaux de Région de Grenoble, puis de Boulogne-Billancourt où elle obtient un Premier prix. Elle se perfectionne ensuite à l'Académie d'orchestre, dans les classes de Jean Lénert, Pierre Doukan, Bruno Pasquier (musique de chambre), puis à Perpignan dans la master-class de Jean Lénert.
Elle obtient son Certificat d'aptitude à l'enseignement du violon, et devient professeur au CNR de Montpellier en 1988.
En 1994, elle choisit d'orienter son activité musicale vers l'alto et obtient son Certificat d’aptitude dans cette discipline et l’enseigne à l’École de musique de Narbonne. Elle occupe également le poste d’alto solo à l'Orchestre National de Montpellier en 1996/1997.
Sophie Divin intègre l'Orchestre de Paris en mars 2007.
Elle enseigne l’alto au CRD d’Aulnay-sous-Bois depuis 2009.
iw

son
interview

Quand êtes-vous entrée dans l’orchestre ?
Je suis arrivée en 2007, j’avais 39 ans et j’ai été émerveillée et séduite d’emblée par la puissance musicale de l’orchestre et sa sonorité.
Votre rapport à l’instrument ?
Mon alto est un être vivant. Je ne suis pas fétichiste, mais ne le considère pas comme un objet. Il a une âme, à plus d’un titre, et je suis heureuse d’avoir la chance de pouvoir le jouer, d’autant que je suis sa première musicienne. Stephan Von Baehr m’a fait en 2008 ce bel instrument que j’ai immédiatement aimé.
Votre répertoire de prédilection ?
Bach reste le socle, la base, mais j’adore tout le xxe siècle, car il y a une telle diversité dans la façon d’écrire et d’écouter la musique. Selon les époques et les pays, on découvre toujours de nouvelles harmonies.
Le compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
Jean-Sébastien Bach, pour « siphonner » un peu de sa matière grise musicale… J’écoute régulièrement les Variations Goldberg, l’une de mes oeuvres préférées.
Une musique que vous chantez sous la douche ?
Celle que je joue ou que je viens de jouer. Tant que je n’ai pas « intégré » une musique, elle m’habite. Quand elle ne présente plus d’effet de surprise immédiate à mes oreilles, il est temps d’en changer. À cet égard, le rythme de l’orchestre me convient très bien.
Vos passions en-dehors de l’orchestre ?
Je fais de la danse classique depuis quatre ans et je viens de commencer le tango. La musique, c’est d’abord le mouvement. L’expression des émotions musicales par le corps est première. Le tango est un monde à découvrir. J’en aime la musique, et la connexion avec un partenaire de danse demande énormément de présence à soi et aux autres.
Avec quel musicien non classique voudriez-vous jouer ?
Avec Didier Lockwood, pour qu’il m’initie au jazz. Le jazz, c’est une véritable inclination. Le langage différent et la capacité d’improvisation sont deux aspects que j’aimerais personnellement creuser.
La Philharmonie ?
Avec ses sièges disposés « en vignoble », je m’y sens en interaction avec le public. Le fait de l’avoir tout autour de soi donne un sentiment de sécurité. Pour tout le monde, le sensation de l’espace est modifiée : le public a l’impression de faire partie de l’orchestre, et les musiciens jouent au milieu du public.
Applaudir entre les mouvements ?
Cela veut dire qu’un nouveau public vient nous voir, et je trouve cela encourageant. Au-delà, je suis toujours très émue quand je sens l’enthousiasme du public à la fin d’une pièce ou d’un concert, quand j’ai moi-même ressenti une émotion en jouant. Cela parle de partage, de communauté, de sensibilité.
Les actions pédagogiques ?
J’enseigne l’alto à Aulnay-sous-Bois. Faire découvrir l’émotion de la musique à des publics potentiellement vierges m’intéresse également. Une de mes expériences forte a été de jouer à l’hôpital pour les enfants malades.
Daniel Harding ?
J’aime sa précision dans le travail et la réflexion qui sous-tend ses choix musicaux. L’ennui est impossible avec lui, et ce depuis le premier concert avec Une vie de héros de Strauss que nous avons donnée sous sa direction en 2014.
Votre plaisir musical coupable ?
Le silence. Parfois, je m’isole : pas de télé, de radio, d’amis, de mari, d’enfants, de chien... Essayez, cela fait un bien fou ! (rires)