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Sandrine Vautrin

Deuxième contrebasse solo

Sandrine Vautrin est deuxième contrebasse solo de lʼOrchestre de Paris depuis 1998.
Parallèlement à son activité orchestrale elle sʼintéresse tout particulièrement au répertoire de musique de chambre et collabore avec Sonia Wieder-Atherton, Menahem Pressler, Jean-François Hesser, Dietrich Henshel, Felicity Lott, au Théâtre du Châtelet, Musée Guggenheim de New York, Théâtre des Bouffes du Nord, Salle Gaveau ou Musée dʼOrsay.
Elle a été lʼinitiatrice du concert “Flash Bach” créé à lʼOpéra Favart avec le compositeur Bruno Mantovani et a collaboré étroitement avec les compositeurs Marc-André Dalbavie, Philippe Hersant et Luis Naon dans la construction de projets originaux.
Outre son activité de professeur au conservatoire du 13e arrondissement de Paris elle a participé au projet Demos et est régulièrement en charge de cours au CNSM de Paris
dans le cadre de lʼAcadémie de lʼOrchestre de Paris.
Elle sʼest investie au sein de lʼorchestre dans la conception et la présentation de concerts jeune public auprès de Yvan Grimberg à la Cité de la musique et à la Salle Pleyel.
Elle a été membre de lʼOrchestre de lʼOpéra de Paris après avoir occupé le poste de co-soliste de lʼOrchestre symphonique et lyrique de Nancy au côté de son père Bernard
Vautrin qui a été son professeur et a mené de front ses études de flûte et de contrebasse jusquʼà son entrée au CNSMDP.
Sandrine Vautrin a obtenu un Premier prix à lʼunanimité avec Prix spécial du jury dans la classe de Jean-Marc Rollez en 1994.
iw

son
interview

Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier de musicien d’orchestre ?
La dynamique de travail, son rythme et sa variété. Jouer des programmes éclectiques avec des chefs et des solistes différents chaque semaine me garde éveillée et vivante.
La carrière de soliste ?
J’aime jouer avec les autres et je trouve le rôle des contrebasses, qui apportent les fondamentales à l’orchestre, très noble et intimement très valorisant !
Le compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
Mahler ! Sa musique, d’une grande sensibilité, me touche beaucoup. Elle reflète pour moi nos espoirs et nos angoisses et, par les questions existentielles et métaphysiques que l’on devine, je la trouve tout à fait moderne, voire intemporelle…
Le compositeur qui n’est pas assez souvent joué par l’orchestre ?
Bach, que l’on croit à tort réservé aux seules formations baroques, et qui est pourtant un compositeur classique fondamental. Un chef comme Frans Brüggen a bousculé dans le passé notre approche de ce répertoire il y a quelques années et je suis heureuse de retrouver en la présence imminente de Thomas Hengelbrock ces répertoires essentiels.
Un film fétiche ?
Je suis très sensible à l’esthétique de manière générale, c’est pourquoi j’adore les films de Wes Anderson, avec leur humour délicat et leur sens du détail, sans oublier la part belle laissée à la musique. J’ai une tendresse toute particulière pour Moonrise Kingdom que je peux partager avec mes enfants.
Quel est le premier disque que vous avez acheté ?
Le Köln Concert de Keith Jarrett. J’adore ce disque que j’ai écouté de nombreuses fois. L’enregistrement en live sublime littéralement l’inspiration (aux sens propre et figuré) de l’artiste. Il s’agit d’une totale improvisation, c’est très fort !
Ce que vous a appris le métier de musicien d’orchestre ?
À écouter les autres et à être patiente mais il m’a fallu apprendre un peu la modération. La jeunesse et l’enthousiasme me rendaient un peu moins sage qu’aujourd’hui…
Un souvenir de public ?
Eh bien, je dirais des Chinois qui lors d’une tournée se sont révélés plutôt à l’aise ! Loin d’être irrespectueux, les comportements étaient néanmoins peu habituels. Des bruits, des commentaires et des manifestations de contentement nous ont accompagnés durant tout un concert. Assez déroutant pour nous qui connaissons le public parisien bien élevé et si généreux ! J’ai rarement vu un public mécontent. Ce serait intéressant d’ailleurs que ça arrive, pour l’expérience !
Un chef qui vous a éblouie ?
Comme beaucoup de mes collègues, je me souviens du Requiem de Verdi par Carlo Maria Giulini. J’ai le souvenir d’un chef qui parlait peu mais dont l’aura vous disait tout.
La plus belle œuvre écrite pour votre instrument ?
Il suffit de lire La Contrebasse de Patrick Süskind pour comprendre qu’il n’existe pas assez de grand répertoire original pour cet instrument. Les compositeurs contemporains s’y intéressent beaucoup plus en tant qu’instrument soliste en exploitant sa dimension théâtrale notamment. C’est vrai que la contrebasse est à hauteur d’homme (ou de femme ! ) et peut offrir un partenaire sur mesure !
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Je vais à l’aéroport, avec dans ma valise des vêtements pour le chaud et pour le froid. Puis je regarde le tableau des départs, et je vais dans un endroit que je ne connais pas !