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Rémi Grouiller

Hautbois

Rémi Grouiller découvre très jeune le hautbois à l’Ecole Nationale de Musique de l’Aveyron grâce à son professeur Nathalie Lebrazidec. Il étudie à partir de 2004 avec Michel Giboureau puis Daniel Arrignon avant d’intégrer en 2008 le Conservatoire de Paris – CNSMDP dans la classe de hautbois de David Walter, Jacques Tys et Frédéric Tardy. Il obtient successivement son Diplôme National Supérieur de Professionnel de la Musique de Hautboïste en 2011, sa Licence de Musique de chambre en 2012 et son Master en 2013.
Passionné par l’orchestre, il se retrouve membre de l’Orchestre Français des Jeunes en 2009 et 2010, du Schleswig-Holstein Musik Festival Orchestra en 2012 et de l’Orchestre du Festival de Verbier en 2014 et 2015.
Parallèlement, il devient en 2013 Hautbois solo de l’Orchestre des Lauréats du Conservatoire puis Cor anglais solo de l’Orchestre de Limoges et du Limousin avant d’intégrer en 2015 l’Orchestre de Paris au poste de hautboïste jouant le cor anglais.
Chambriste, il se produit régulièrement avec le Quintette à vents "Néodyme".
Soucieux de transmettre son expérience et sa passion, il enseigne cette année au CRR de Paris.
iw

son
interview

Vous venez d’intégrer l’Orchestre de Paris. Quel effet cela fait-il ?
C’est un accomplissement et une fierté. Les musiciens ont été très accueillants. Il y a une grande exigence dans le travail mais c’est quelque chose qui vous tire vers le haut.
Un mot pour décrire la Philharmonie ?
C’est comme un cocon qui nous protège quand on est sur scène. Le rapport au public est très fort, car nous aussi, nous entendons tout ce qui se passe dans la salle !
La plus belle œuvre composée pour votre instrument ?
Les Trois romances pour hautbois et piano de Schumann, qui sont magnifiques et d’une grande profondeur. C’est le morceau qui m’a fait aimer le hautbois au collège.
La routine ?
Impossible avec l’orchestre, car les programmes changent chaque semaine. On doit toujours s’améliorer, toujours trouver de nouvelles choses…
La question qu’on vous pose le plus souvent ?
"Qu’est-ce que vous faites à côté?" ; comme si être musicien ne pouvait pas être un métier !
Un rituel avant d’entrer en scène ?
Je les ai enlevés les uns après les autres pour ne retenir que l’essentiel : vérifier que j’ai bien ma boîte d’anches et mon petit pot d’eau.
Comment avez-vous découvert la musique ?
L’antenne de l’école de musique a ouvert quand j’étais tout jeune. Je revois ma mère qui me pose la question quand j’avais six ans : "Veux-tu faire de la musique ?". J’y suis allé car mes copains y allaient, notamment la fille dont j’étais amoureux ! Chaque année, on me demandait si je voulais continuer ou si je ne préférais pas aller au football le mercredi après-midi, mais je n’ai jamais voulu lâcher !
Une musique qui n’est pas estimée à sa juste valeur ?
Plutôt un répertoire : les œuvres pour quintette à vent sont souvent de petits bijoux. Notamment les Bagatelles de Ligeti, un chef-d’œuvre !
Que vous apprend votre métier de musicien d’orchestre ?
À ouvrir encore plus largement mes oreilles pour comprendre les personnes qui m’entourent. Il faut parfois savoir anticiper ce que mon chef de rang va faire.
Qu’y a-t-il dans votre iPad ?
Beaucoup de musique classique bien sûr, mais également de la vieille variété française et de la musique électro !
Où peut-on vous trouver quand vous n’êtes pas sur scène ?
À une expo. L’exposition Martial Raysse à Beaubourg m’a beaucoup plu. J’ai toujours adoré l’art et je pratique un peu le dessin et la peinture même si cela reste un passe-temps.
Qu’est-ce qui vous révolte ?
La culture prise comme bouc émissaire. Il y a quelques mois, le statut des intermittents était sur la sellette alors que j’en étais alors moi-même un. Churchill a eu cette réponse géniale au moment où le Parlement britannique exigeait que les subventions aux arts et à la culture soient plutôt versées à l’effort de guerre lors de la Seconde Guerre mondiale : "Then what are we fighting for?". Pourquoi en effet combattre le Troisième Reich si ce n’était aussi pour se battre pour notre culture ?