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Philippe Aïche

Premier violon solo

Philippe Aïche commence l’étude du violon à l’âge de huit ans. Après avoir obtenu une Médaille d’or au Conservatoire national de région de Versailles dans la classe d’Antoine Goulard, il entre au Conservatoire de Paris – CNSMDP en 1979 dans la classe de Christian Ferras pour le violon et de Jean Hubeau pour la musique de chambre. Il suit parallèlement les classes d’harmonie et de contrepoint de Roger Boutry et Jean-Paul Holstein au CNSMD de Paris.
En 1983, il obtient les Premiers prix de violon et de musique de chambre, et suit le cycle de perfectionnement de violon avec Michèle Auclair, et de musique de chambre auprès de Jean Mouillère puis Roland Pidoux. Philippe Aïche a participé à de nombreuses master-classes et reçu les conseils de grands maîtres tels que Salvatore Accardo, Menahem Pressler, les membres du Quatuor Amadeus, János Starker. Il est lauréat des concours internationaux Tibor Varga (Sion) et Lipizer (Italie) et des concours internationaux de musique de chambre de Florence (Italie) et de Melbourne (Australie) avec le Quatuor Kandinsky.
En 1985, il entre comme violoniste à l’Orchestre de Paris où il est actuellement Premier violon solo et joue sous la direction des plus grands chefs (Solti, Giulini, Bernstein, Maazel, Sawallisch, Jochum, Barenboim…). Parallèlement, il se produit régulièrement en soliste en France et à l’étranger (Allemagne, Italie, Suisse, Roumanie, Russie, USA) notamment avec l’Orchestre de Paris, l’Orchestre de Picardie, l’Orchestre de chambre d’Auvergne et sous la direction de chefs tels que Louis Langrée, Claus-Peter Flor, Semyon Bychkov, Yutaka Sado, Josep Pons ou Lorin Maazel.
Avec l’Orchestre de Paris, Philippe Aïche a créé en 1997 le Deuxième concerto pour violon d’Eric Tanguy, dont il est le dédicataire, sous la direction de Semyon Bychkov.
La musique de chambre prend une grande place dans ses activités et il se produit en compagnie de nombreux artistes : Emmanuel Strosser, André Cazalet, Michel Arrignon, Pierre-Laurent Aimard, Pascal Moraguès, Wolfgang Sawallisch, Christoph Eschenbach… Son expérience de violon solo l’a amené très tôt à s’intéresser à la direction d’orchestre. Il a dirigé de nombreux ensembles qui lui ont permis d’aborder un répertoire très diversifié allant de la petite formation (Pierrot Lunaire de Schönberg, Histoire du Soldat et Ebony, concerto de Stravinski, Le Bal Masqué de Poulenc etc.) jusqu’à l’orchestre symphonique (symphonies de Beethoven, Schubert, Mozart etc.).
En 2001, l’Orchestre de Paris lui a donné la chance de diriger la Neuvième Symphonie de Beethoven à l’occasion de la Fête de la musique dans les jardins de l’Hôtel Matignon à Paris. Il a également dirigé l’Orchestre de Paris pour un concert consacré à des musiques de films en juillet 2007 au Théâtre du Châtelet, ainsi qu’en novembre 2009 – remplaçant au pied levé Jean Deroyer souffrant –, dans le cadre de la finale (Salle Gaveau) et du concert des lauréats (Salle Pleyel) du Concours Rostropovitch.

iw

son
interview

L’idole de votre jeunesse ?
David Oïstrakh, qui a créé le Second Concerto de Chostakovitch. J’avais des places pour le voir en concert en 1974, mais hélas, il est mort une semaine avant le concert ! Et celui qui l’a remplacé, Christian Ferras, devait devenir mon professeur au Conservatoire de Paris !
Le Deuxième Concerto pour violon de Chostakovitch ?
J’ai joué le Premier Concerto de Chostakovitch avec l’Orchestre il y a exactement vingt ans. Jouer aujourd’hui son Second Concerto revêt donc une importance particulière d’autant que j’ai une immense admiration pour Chostakovitch, notamment pour ce Deuxième Concerto, plus concis mais plus lyrique que le premier. Du point de vue du violon, l’écriture est très épurée, et c’est de la très grande musique !
En tant que premier violon solo, votre bilan de cette saison ?
Le pari de s’installer à la Porte de Pantin est largement réussi car nos concerts sont presque toujours complets et je suis heureux de l’arrivée de nouveaux publics, notamment de l’Est parisien. La Philharmonie est une vraie réussite acoustique et esthétique.
L’évolution de l’orchestre depuis votre arrivée en 1985 ?
Très positive, notamment dans la façon de travailler devenue plus rapide et efficace. Le rajeunissement des musiciens nous a permis de prendre conscience que nous pouvions accéder au premier rang des orchestres mondiaux.
Le compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
Chostakovitch, qui est à la fois adulé et controversé. Paavo Järvi l’a rencontré ; il y a une photo sur internet où on le voit avec son père Neeme, alors qu’il n’a que dix ans, et où Dimitri Chostakovitch est juste derrière. Je l’envie beaucoup !
Vos œuvres d’île déserte ?
Les Kindertotenlieder et la Neuvième Symphonie de Mahler, des œuvres d’une profondeur absolue, qui m’ont ébranlé en tant qu’être humain.
Le musicien absolu ?
Leonard Bernstein. C’était un artiste complet : compositeur, pianiste, chef d’orchestre, écrivain et homme de spectacle. Et puis, j’adore West Side Story !
Comment êtes-vous venu au violon ?
Mon voisin allait au conservatoire et j’ai voulu l’imiter. Je voulais faire du piano, mais hélas, il n’y avait plus de place. J’ai donc choisi le violon, ce qui a beaucoup surpris mes parents car j’étais plutôt maladroit avec mes mains ! Au bout de six mois, mon professeur a convoqué mes parents pour leur annoncer que j’étais très doué. Ma mère lui a demandé s’il lui parlait bien de son fils !
Comment devient-on Premier violon solo ?
Il y aurait un livre à écrire là-dessus ! Être Premier violon solo demande un profil psychologique particulier : il faut être capable de supporter la solitude au sein du groupe, tout en n’étant motivé que par l’excellence artistique de l’orchestre. Il faut garder suffisamment de recul pour ne pas devenir paranoïaque sur le long terme !
Comment devient-on Premier violon solo ?
Il y aurait un livre à écrire là-dessus ! Être Premier violon solo demande un profil psychologique particulier : il faut être capable de supporter la solitude au sein du groupe, tout en n’étant motivé que par l’excellence artistique de l’orchestre. Il faut garder suffisamment de recul pour ne pas devenir paranoïaque sur le long terme !
Le rapport au public ?
Étrangement, on sait instantanément si le contact va s’établir dès qu’on entre en scène. C’est quelque chose d’assez immatériel. À la Philharmonie, le contact est très facile ; le public, grâce à sa proximité, se sent immédiatement impliqué.
La carrière de soliste ?
Je n’aurais pas aimé une carrière unique de soliste, de chef, de musicien d’orchestre ou de musicien de chambre. Le répertoire est tellement immense. Ne s’intéresser qu’aux quatuors, aux sonates ou aux concertos, c’est comme regarder au microscope le coin droit d’un grand tableau au Louvre !