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Pascale Meley

Violon

Pascale Meley obtient un Premier prix de violon au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe de Gérard Jarry et effectue un troisième cycle de musique de chambre dans la classe de Jean Mouillère, tout en fréquentant la classe de violon solo d'orchestre de Pierre Doukan.
Elle intègre l’Orchestre de Paris en 1989.
En 1984 elle fonde le Quatuor Verlaine qui remporte le Premier prix du Concours international de Luxembourg et enregistre un disque consacré à Webern et Chostakovitch. Premier violon du Quatuor à cordes de Paris avec lequel elle se produit régulièrement, elle enregistre également au Japon le Quatuor en fa majeur de Maurice Ravel, le Quatuor n°2 de Schumann ainsi que des pièces de Puccini, Wolf et Webern.
Pascale Meley a par ailleurs été professeur de violon à l'Ecole nationale de musique de Cergy-Pontoise (1992-93) et au Conservatoire d'Asnières sur Seine (1996-2003). Elle est titulaire du Certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de violon depuis mars 1996.
iw

son
interview

Quel effet cela fait d’appartenir à l’Orchestre de Paris ?
Je me suis tout de suite sentie appartenir à une famille composée d’énormément de personnalités différentes. Étudiante, j’allais souvent écouter l’Orchestre. Quand on y entre, on espère être à la hauteur. L’orchestre, c’est un ensemble, on en fait partie, on s’y donne, on fait vivre la musique, mais il était là avant vous, il sera là après.
Que vous a appris votre métier de musicien ?
La patience, le sens de l’adaptation. Il faut pouvoir répondre très vite, individuellement, collectivement surtout, à des programmes différents, à des musiques différentes, à l’attente de chefs différents. L’écoute aussi, à grande échelle, avec l’attention au son, surtout dans le pupitre des violons. On ne doit pas s’effacer, il faut garder sa personnalité, et en même temps on doit rechercher l’harmonie avec les autres.
Votre rapport à l’instrument ?
Un violon, c’est une histoire. Le mien, j’ai tout de suite aimé le son qu’il avait. Ses graves, son timbre. Ensuite, il a fallu apprendre à se connaître et du temps pour en obtenir le meilleur.
Comment êtes-vous venue au violon ?
Mes parents étaient musiciens. Je les entendais tout le temps jouer ensemble. J’entendais mon père. Il est altiste. Je voulais faire la même chose. Il y avait chez mon grand-père un petit violon d’enfant qui lui avait appartenu. Il était posé tout en haut d’une étagère, inaccessible. Je le désirais terriblement. Un jour, on me l’a descendu et je l’ai pris dans mes mains.
Si vous deviez jouer d’un autre instrument ?
Sans hésiter le piano, pour jouer les oeuvres de musiciens que j’aime, ceux qui me sont proches, Ravel, Debussy, Fauré par exemple. On est un peu l’orchestre à soi tout seul, on l’a au bout des doigts.
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
La musique française, Roussel, Dukas, Saint-Saëns, parce qu’on la joue, je crois, extrêmement bien. J’ai des souvenirs de La Mer de Debussy avec Boulez, Maazel, Barenboim. Il n’y a pas vraiment de mot dans ces cas-là.
Le mot musical que vous préférez ?
Appassionato ! Car il faut donner beaucoup de chaleur au son de la façon la plus sensible.
Un concert inoubliable ?
Le Requiem de Verdi par Carlo Maria Giulini ! Dès la première répétition, il avait demandé qu’on baisse les lumières de la salle. Cela a créé une ambiance extraordinaire. Durant le concert il dégageait une telle aura qu’on était tous transportés. Mais il est impossible de choisir un seul concert, ce serait oublier Bartók par Solti ou la Troisième de Mahler par Mehta, celle par Järvi…
Vos engagements ?
J’appartiens au projet Démos qui initie à la pratique orchestrale des enfants issus de quartiers dits populaires. Ils partent de rien et progressent ensemble jusqu’au concert final qui a lieu à la Philharmonie. La première fois que les instruments arrivent, les regards s’illuminent. La magie opère toujours !
Dernier film que vous avez apprécié ?
Un film sur Paco de Lucia. Ça commence à Algésiras, dans le milieu gitan. Il avait une personnalité magnifique, le regard et le sourire d’un rêveur, mais il était aussi audacieux et novateur. On le voit étendre tous les registres de son instrument, jouer avec les plus grands guitaristes de jazz, donner des concerts dans le monde entier, en restant fidèle au flamenco. Tout ce qu’il dit sur la musique est simple et vrai.