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Nicolas Martynciow

Percussions

Né à Saint-Etienne, Nicolas Martynciow fait ses études musicales au conservatoire de sa ville natale dans la classe de Claude Giot et de Philippe Boisson. Après s’être perfectionné auprès de Francis Brana au Conservatoire de Créteil, il est admis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans les classes de percussion et de musique de chambre de Jacques Delécluse et de Michel Cals. En 1990, il obtient un premier prix dans chacune de ces deux disciplines.
Il entre à l’Orchestre de Paris en 1995 comme caisse claire solo. En qualité de chambriste, il se produit auprès de musiciens de renommée internationale. Il est aussi membre de l’Ensemble Carpe Diem (direction Jean-Pierre Arnaud) qui donne de nombreux concerts en France et à l’étranger, et qui organise, tous les étés, une académie à laquelle participent des étudiants désireux de se perfectionner auprès de lui.
Titulaire du Certificat d’aptitude de professeur, Nicolas Martynciow enseigne la percussion au Conservatoire Hector Berlioz dans le Xe arrondissement de Paris. Il est régulièrement invité à donner des master-classes en France et en Europe.
Egalement compositeur, Nicolas Martynciow est directeur de collection aux éditions Gérard Billaudot et a écrit, entre autre, un quatuor pour percussion, Sweat swaff (éd. Alfonce Production), un trio pour percussion, Zoo (éd. Billaudot), deux duos pour percussion, La Festaper Due (éd. Lemoine) et Gigui la Guiguine (éd. Billaudot), des pièces pour caisse claire, Impressions (ed. Lemoine) et Tchik (éd. Billaudot) ainsi qu’une méthode, en deux volumes, intitulée Tac Tic pour débuter la percussion (éd. Billaudot). Il vient de publier Pourquoi Pas (éd. Billaudot) pour multi-percussion. Ses pièces sont jouées dans le monde entier. Plusieurs d’entre elles ont été enregistrées et données dans des lieux prestigieux tels que l’Opéra Garnier, l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille, l’Opéra-Comique, etc.

iw

son
interview

Un instrument de prédilection ?
La caisse claire. C’est un instrument à la fois très simple mais très difficile à maîtriser. Et si on peut en tirer une multitude de sons, c’est avant tout un instrument où le contrôle est primordial. Je suis plutôt spécialisé dans les percussions à peaux.
Le choix de votre instrument ?
J’ai débuté l’apprentissage de la musique par le piano, mais je travaillais si peu que ma mère m’a fait arrêter au bout de quelques années. Plus tard, elle m’a acheté des instruments de percussion avec lesquels je jouais comme un fou. L’idée de la batterie est venue ensuite, et là, ça a été une vraie illumination pour un adolescent turbulent !
Être soliste ?
Pierre Boulez décrivait les percussions comme le sel et le poivre d’un orchestre car nous jouons rarement en soliste. Il faut nous adapter et nous fondre dans l’orchestre. J’adore jouer en groupe ou faire de la musique de chambre. C’est là que je peux pleinement m’exprimer.
Le Boléro de Ravel ?
Il y a sans doute plus de quatre mille notes à jouer à la caisse claire, mais le début est tellement pianissimo que je suis toujours un peu angoissé à l’idée d’en rater une. Je prends beaucoup de plaisir à jouer des parties délicates comme dans Shéhérazade de Rimski-Korsakov ou Le Lieutenant Kije de Prokofiev, même si j’adore jouer les symphonies de Chostakovitch où la caisse claire bombarde dans tous les sens ! 
Une musique qui a bercé votre enfance ?
J’ai eu la chance d’avoir des parents mélomanes. La musique classique était très présente à la maison, mais nous écoutions toutes sortes de musiques : jazz, variété, rock, musique contemporaine. D’ailleurs, j’encourage mes élèves à être curieux et à aller au concert. J’admire par exemple le parcours d’Ibrahim Maalouf qui fait du jazz mais également de la musique symphonique. Ce serait d’ailleurs formidable que l’orchestre l’invite !
Le mot musical que vous préférez ?
Groove. Car j’adore quand ça swingue et qu’il y a du phrasé !
Votre rapport à l’instrument ?
Nous, percussionnistes, avons la chance d’avoir de nombreux instruments et le geste est fondamental. C’est un instrument très visuel. Notre palette de sons est énorme, donc le choix des instruments et des baguettes est primordial. On doit être capable de nuances pianissimo comme fortissimo. Jouer dans un orchestre demande souvent une sonorité large, mais on doit toujours privilégier la rondeur et éviter la dureté et l’agressivité.
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
La musique française du XXe siècle. Je pense à Honegger, Messiaen, Boulez. L’Orchestre de Paris a pour mission de défendre la musique française et s’honore de ne pas jouer seulement les tubes comme La Mer de Debussy ou La Valse de Ravel. Quand on regarde le répertoire des solistes, ce sont souvent les mêmes concertos ou bis. Heureusement qu’il existe des musiciens comme Katia et Marielle Labèque, qui sortent vraiment des sentiers battus !
Un plaisir musical coupable ?
Le hard-rock et le heavy-métal comme Deep Purple, AC/DC ou Iron Maden, par exemple. Il y existe des musiciens extraordinaires... nous sommes d’ailleurs nombreux à l’orchestre à écouter du rock.
Vos passions en-dehors de l’orchestre ?
La cuisine ! Ma bibliothèque est pleine de livres de cuisine. Mon plaisir est d’aller au marché à la recherche de bons produits. Je cuisine toujours en fonction de ce que j’y trouve. Et puis, le repas c’est un moment de convivialité.