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Nicolas Carles

Deuxième alto solo

Né en 1965 dans la région parisienne, Nicolas Carles débute son apprentissage musical par le violon, avec sa mère. Il découvre plus tard la sonorité chaude et toute particulière de l’alto et entre en 1981 au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe de Colette Lequien.
En 1984, il obtient le Premier prix de musique de chambre dans la classe de Geneviève Joy-Dutilleux et en juin 1986, le Premier prix d’alto lui est décerné à l’unanimité, premier nommé avec le Prix spécial de la Marquise de Saint-Paul.
A plusieurs reprises, il est sélectionné pour animer les master-classes de Gyorgy Sebok à Ernen (Suisse).
Nicolas Carles se produit régulièrement dans divers ensembles de musique de Chambre (le Quatuor à cordes de Paris, le quatuor avec Hautbois Resonnance, le Camerata Tango), de musique contemporaine (2e2m) et participe à de nombreux concerts, tant en soliste qu'en chambriste. Il participe pendant dix ans à la saison musicale de Vittel ainsi qu'au festival Musique Espérance dirigé par Miguel Angel Estrella. A l’étranger, il a joué au Japon (Tokyo, Osaka, Nagoya), à Taiwan (Taipei, Taichung), en Espagne (Barcelone, San-Sébastian).
Depuis 2010, Nicolas Carles est membre du Quatuor Thymos avec lequel il parcourt différents festivals en France ainsi qu’à l’étranger (Biennale des quatuors à cordes, Festival de quatuors à cordes du Luberon, Fougères musicales, Washington Kennedy Center, Duke performances, Vitoria Festival Brésil).
Il joue entre autres avec les pianistes Christian Ivaldi, Jean-François Heisser, Marie-Josèphe Jude, Christoph Eschenbach, Georges Pludermacher, Jean-Claude Vanden Eynden, Jean-Frédérique Neuburger, les quatuors Rosamonde, Manfred, les clarinettistes Pascal Moragues, Philippe Berrod, les violoncellistes Alain Menier, Xavier Gagnepain, Xavier Phillips et les violonistes Olivier Charlier, Roland Daugareil et le contrebassiste Yann Dubost.

Il est actuellement deuxième soliste à l’Orchestre de Paris, assistant d’Antoine Tamestit au Cnsm de Paris et a enseigné, durant plusieurs années, à l’Ecole normale de musique de Paris. 
iw

son
interview

La Philharmonie ?
On a tout de suite adopté cette salle, ou plutôt c’est elle qui nous a adoptés. Sa configuration nous permet d’échanger des regards et des sourires avec le public. Il est déjà arrivé que des spectateurs s’approchent de la scène après un concert pour nous serrer la main, ce qui aurait été impensable à Pleyel ! Il n’y a plus de frontière entre l’auditoire et l’orchestre !
Un compositeur que vous avez découvert ?
Zemlinsky, un compositeur viennois que l’orchestre a joué et enregistré sous la direction de Christoph Eschenbach. C’est un compositeur assez méconnu en France alors que sa musique possède une puissance expressive incroyable. Pour ceux qui voudraient découvrir son œuvre, je recommande la Symphonie Lyrique.
Un modèle ?
Mon premier modèle, c’est mon père, Marc Carles, qui fut notamment altiste du Quatuor de l’ORTF. J’entends constamment sa voix, comme une voix intérieure, qui me rappelle de faire toujours mieux.
Le plus grand concert avec l’orchestre ?
Difficile à dire en presque trente ans de carrière. Mais le plus marquant reste peut-être l’un de mes premiers concerts à l’orchestre, en 1987 avec Leonard Bernstein. Il était déjà assez âgé, mais je me rappelle qu’il était littéralement en transe durant Le Sacre du Printemps de Stravinski !
Le pupitre d’altos de l’Orchestre de Paris ?
C‘est un pupitre extraordinaire qui est mené de main de maîtres par deux personnalités fortes et complémentaires (Ana Bela Chaves et David Gaillard), sans oublier l’influence de Jean Dupuy. Tous trois ont toujours su favoriser la croissance et la progression du pupitre ; notre phalange est d’ailleurs enviée par de nombreux orchestres en France et à l’étranger !
La plus belle œuvre écrite pour l’alto ?
Sans hésitation, la Symphonie Concertante de Mozart, pour le dialogue entre les instruments et ce naturel si prodigieux. On ressent tellement bien l’âme chaleureuse de l’alto dans cette merveilleuse page du deuxième mouvement.
Le dernier coup de cœur ?
Le guitariste Yamandu Costa avec qui nous avons joué en juin dernier. J’étais à côté de lui durant le concert, et je suis resté bouche-bée, devant la faculté de cet homme à faire corps avec son instrument.
Une activité fétiche durant les tournées ?
J‘adore courir ; c’est un "déstressant" épatant et un excellent moyen pour visiter les villes ! Avec des collègues de l’orchestre, lors d’une tournée à Pékin, nous avons couru un semi-marathon. Pas sûr que cela ait été une bonne idée avec la pollution monstrueuse ! Comme si nous avions fumé une cartouche de cigarettes en deux heures.
Quelles sont vos passions en-dehors de la musique ?
Les voitures anciennes ! J’adore mettre les mains dans le cambouis. Le rêve bien sûr, ce serait d’avoir un jour, une voiture des années 70 qui me faisait rêver quand j’étais petit. Une Aston Martin, DB5 ou DB6 par exemple...
Votre plus grande fierté ?
Faire ce métier. C’est une telle chance de gagner sa vie en faisant ce qu’on aime faire ! Nous faisons de la musique et l’offrons au public : c’est un métier heureux.
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Au Maroc, un pays que j’adore ! Marrakech est une ville trépidante qui me fascine, avec ses odeurs, ses couleurs, son climat tellement agréable et des gens formidables !
Un bruit à vous boucher les oreilles ?
Étrangement, il m’arrive de mettre des bouchons dans les rues pour me protéger des sirènes, mais lors des répétitions, je n’en mets jamais car j’adore le volume sonore de l’orchestre.