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Nadia Mediouni

Violon

Nadia Mediouni poursuit des études de musique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où elle remporte un Premier prix en 1985. Elle obtient également le prix spécial de musicalité au concours Lipizer de Gorizia (Italie).
Après ses études, elle devient membre de l’Orchestre professionnel du CNSMDP avant d’entrer, en 1988, à l’Orchestre de Paris.
iw

son
interview

Comment êtes-vous venue à votre instrument ?
Mon père voulait que ses enfants soient cultivés. Nous habitions en Seine-Saint-Denis et par chance, un conservatoire s’est ouvert à côté de chez nous, si bien que nous nous sommes tous mis à la musique. J’ai commencé par le piano mais lorsque j’ai vu un spectacle avec de jeunes violonistes jouant "Ah vous dirai-je, maman", ça a été une véritable révélation. Trois ans plus tard, j’entrais au Conservatoire de Paris.
Un disque qui a marqué votre enfance ?
L’enregistrement du Concerto pour violon de Mendelssohn par Yehudi Menuhin, que j’ai reçu en prix de fin d’année au Conservatoire de Rosny. Très vite, je me suis fixé pour but de jouer cette oeuvre. Et à 12 ans, je le jouais !
Votre instrument ?
Il y a quelques années, j’ai acheté un violon que j’adore ! C’est un violon italien de 1750 qui possède la qualité de son et de timbre que je recherchais. Je ne le lâche plus !
Votre plus grande fierté ?
D’être entrée à l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Barenboim et d’être la première musicienne d’origine algérienne de l’orchestre !
Le plus beau souvenir avec l’Orchestre ?
L’Elektra de Strauss avec Esa-Pekka Salonen au Festival d’Aix-en-Provence a été un véritable choc ! Nous étions tous au bord des larmes à la fin des représentations.
Un projet musical qui vous tient à cœur ?
Depuis 2010, je joue dans le West-Eastern Divan Orchestra de Daniel Barenboim. C’est un orchestre qui réunit des musiciens israéliens, palestiniens ou venant de pays arabes. Je suis une des plus âgées mais j’ai tout de suite été acceptée ! C’est une expérience et une aventure incroyables !
Un musicien au-dessus de tous les autres ?
Daniel Barenboim précisément. C’est un homme qui a une telle ouverture d’esprit et une telle approche de la pédagogie qu’il soulève constamment des montagnes. Ainsi, le Divan Orchestra offre des bourses aux musiciens pour étudier en Allemagne. Sans cette chance, tous ces jeunes du Moyen-Orient n’auraient pas eu les moyens d’étudier.
La Philharmonie de Paris ?
La Philharmonie est une révélation absolue, qui dépasse toutes nos espérances. Cette salle, très bien intégrée dans son environnement, nous a déjà permis d’élargir notre public.
Un répertoire de prédilection ?
Je suis une fan d’opéra ! J’y vais au moins une fois par mois. J’avoue avoir un penchant pour les voix d’hommes, notamment celles de Rolando Villazón ou de René Pape.
Une musique indispensable à votre vie ?
Schubert. Les mouvements lents des Sonates pour me réconforter et les mouvements rapides quand je vais bien !
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
Les symphonies de Mozart qu’on joue trop rarement ! Cela fait un bien fou techniquement, sur le plan de l’ensemble comme sur la recherche des timbres. C’est un répertoire très délicat dans lequel personne n’a le droit à l’erreur.
Dernier coup de cœur ?
Yamandu Costa. Il hisse la guitare à un niveau incroyable. On peut vraiment parler de génie dans son cas ! Quand on joue avec lui, on se laisse aller, on le suit, c’est extraordinaire...
L’avenir ?
L’orchestre s’est beaucoup développé avec l’arrivée de jeunes qui ont apporté une vraie énergie. C’est vrai, nous ne sommes pas toujours d’accord, car les plus anciens, comme moi, ont connu des chefs issus de traditions différentes, si bien que nos attentes vis à vis d’un chef ne sont pas les mêmes. Mais l’échange est enrichissant pour tous !