retour

Matthieu Handtschoewercker

Violon

Matthieu Handtschoewercker, membre du Quatuor Cavatine et violoniste à l’Orchestre De Paris, commence le violon à l'âge de quatre ans.
Élève de Monsieur Gariglio, il entre en 2005 au CNSM de Paris, ses professeurs sont Boris Garlitsky et Régis Pasquier. Il obtient son master en 2010.
Passionné par la musique de chambre, il obtient en 2011 son diplôme de musique de chambre mention très bien à l'unanimité avec félicitations du jury. Il est lauréat du concours de Lyon Charles Hennen et Maria Canals avec le trio Werther.
Matthieu Handtschoewercker fonde par la suite le Quatuor Cavatine avec Guillaume Chilemme, Marie Chilemme et Bruno Delepelaire. Ensemble, ils remportent le Troisième prix ainsi que le prix Haydn du concours de Hambourg en 2012 puis le Second prix du prestigieux concours de quatuor de Banff en 2013. De 2012 à 2015 il est soliste à l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg sous la direction d'Emmanuel Krivine.
Matthieu joue le violon "Le Petit Prince" de Jacques Fustier, conçu pour lui en 2003.
iw

son
interview

Votre dernier frisson, extra-musical ?
La finale de l’Open d’Australie opposant Roger Federer et Rafael Nadal. J’adore Federer, il est la grâce et le talent incarnés. À l’égal d’un grand musicien, tout paraît simple quand on le regarde jouer. Puis on prend une raquette, et on prend conscience du travail qu’il y a derrière…
Votre dernier frisson musical ?
Ici à la Philharmonie de Paris, les dernières sonates pour piano de Schubert par Daniel Barenboim, j’avais l’impression de vivre un morceau d’histoire.
Comment êtes-vous venu au violon ?
Mon grand-père jouait du violon en amateur très occasionnel. J’avais un peu plus de deux ans la première fois que je l’ai entendu jouer et j’ai voulu, moi aussi, essayer de produire un son. Ce jour-là, le violon posé sur une table, mon père accompagnait mes deux mains sur l’archet. 
Votre rapport à l’instrument ?
Nous avons grandi ensemble. J’ai la chance de pouvoir jouer un violon conçu pour moi par Jacques Fustier, luthier. Celui-ci m’a permis d’en choisir certaines caractéristiques comme le bois et de suivre sa création étape par étape.
Un souvenir de votre concours d’entrée ?
Au-delà du désir d’intégrer l’Orchestre de Paris, il y avait pour moi un stress supplémentaire car ma fiancée jouait déjà dans l’orchestre. Je faisais auparavant partie de l’Orchestre du Luxembourg et espérais revenir à Paris pour me rapprocher d’elle ! Lors de l’annonce du résultat, elle en a pleuré de joie.
La qualité indispensable pour devenir musicien d’orchestre ?
Je dirais qu’il y en a deux : la première, être toujours à l’écoute et avoir les oreilles bien ouvertes à la musique et aux autres musiciens. La seconde, allier bienveillance et diplomatie envers les collègues pour que toutes les individualités forment un vrai groupe tendant vers l’objectif commun : la qualité du concert.
La musique de chambre ?
Je fais partie du Quatuor Cavatine au sein duquel j’ai la chance de jouer avec des amis très proches. J’ai toujours fait de la musique de chambre dans diverses formations mais le répertoire du quatuor à cordes est à la fois le plus varié et le plus exceptionnel. C’est bouleversant de voir à quel point Beethoven a été révolutionnaire avec le quatuor à cordes, bien plus encore que dans ses symphonies.
Le compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
Schubert, ne serait-ce que pour lui dire de faire attention à sa santé ! (rires). Il a vécu trente et un ans et est mort de la syphilis. Aurait-il écrit la même musique s’il ne s’était pas su condamné ? Il y a une telle lumière dans ses dernières œuvres ; les lieder, les dernières sonates pour piano, ses trios et son quintette à deux violoncelles sont absolument exceptionnels.
Votre répertoire de prédilection ?
J’adore la période classique. Il y a parfois trop de pathos pour moi dans la musique romantique. Toute la période 1750-1830, avec Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert... recèle d’incroyables chefs-d’oeuvre. Un répertoire que je ne me lasse jamais de jouer et d’écouter !
Un concert qui vous a ébloui ?
J’ai eu la chance de jouer Le Sacre du printemps dirigé par Pierre Boulez. Le chef d’oeuvre de Stravinski, transcendé par un tel chef m’avait transporté dans un état second.
Daniel Harding ?
C’est un chef extraordinaire. Nous avons une chance incroyable de l’avoir à l’Orchestre de Paris. Il a un sens exceptionnel du phrasé, de l’articulation et a toujours une idée très précise de la construction musicale. Avec lui, j’ai l’impression de sortir grandi à la fin de chaque répétition.