retour

Hikaru Sato

Violoncelle

Né à Tokyo, Hikaru Sato a débuté le violoncelle dès l'âge de 5 ans avec son père Yoshio Sato qui fut le premier élève japonais de Pablo Casals. Il reçoit ensuite l'enseignement de Reine Flachot à l'Université des Arts de Tokyo, puis se rend à Paris pour poursuivre ses études dans la classe d'André Navarra au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il obtient un Premier prix de violoncelle ainsi qu'un Premier prix de musique de chambre (classe de Jean Hubeau).
Lauréat du Concours international de Genève, il est nommé en 1978 Deuxième violoncelle solo à l'Orchestre de Nice-Côte d'Azur. Parallèlement, il nourrit sa passion pour la musique de chambre au côté de Paul Tortelier.
C'est en 1979 qu'il entre à l'Orchestre de Paris dont il est aujourd'hui toujours membre.
Hikaru Sato donne de nombreux concerts en soliste et en musique de chambre en France, Allemagne, Italie, Irlande, Belgique, Espagne, Israël, Argentine, Thaïlande et au Japon. Plusieurs de ses concerts sont retransmis sur France Musique et sur NHK. En mai 2005, il a été invité pour participer au Congrès international de violoncelle à Kobe au Japon où il a donné une master class.
Hikaru Sato était également professeur au Conservatoire de Noisy-le-Grand (pendant 20 ans) et membre fondateur du Quatuor à Cordes de Paris.
Il est professeur auprès de DEMOS depuis la création  (Dispositif d’Education Musicale et Orchestrale à vocation Sociale)
CD : Suites de Bach, Quatuor à cordes de Ravel et Schumann.


iw

son
interview

Premières impressions de la Philharmonie ?
L’acoustique est très bonne. Il y a bien sûr encore quelques équilibres à peaufiner, mais nous n’avons jamais à forcer le son.
Pourquoi avez-vous choisi de venir à Paris ?
J’ai étudié au Conservatoire de Tokyo, puis au Conservatoire de Paris. Si j’étais resté au Japon, je n’aurais probablement pas fait toutes les belles rencontres musicales que j’ai faites. En Europe, on est moins isolés qu’au Japon !
Comment êtes-vous venu à jouer de votre instrument ?
Mon père était violoncelliste ; il était d’ailleurs le premier élève asiatique de Pablo Casals. Mais c’est lorsque j’ai commencé à jouer le Concerto de Dvořák, que j’ai voulu devenir violoncelliste. C’est une œuvre tellement vaste et délicate dans l’expression, même si l’orchestre possède un rôle extrêmement important. Quand il le jouait, Rostropovitch demandait d’ailleurs à ce que l’orchestre ne le couvre pas pour ne pas être obligé de forcer sur son instrument !
Un compositeur que vous avez appris à apprécier ?
Quand j’étais jeune, je n’aimais pas trop jouer Beethoven. C’est le grand chef d’orchestre Eugen Jochum qui m’a révélé sa musique. En France, il reste encore, me semble-t-il, quelques malentendus autour de Beethoven.
Le modèle de votre jeunesse ?
Jacqueline Du Pré, pour sa personnalité et sa musicalité. C’est d’ailleurs toujours mon modèle !
Quel bruit vous fait vous boucher les oreilles ?
J’ai une nature à apprécier davantage la douceur et le calme si bien que je fuis les grincements et les cris...
Le public de vos rêves ?
Celui de la Philharmonie, car le public de la Salle Pleyel nous a suivis et j’ai le sentiment qu’un nouveau public nous a rejoints !
Un livre de chevet ?
Quand on est jeune, on est soulevé par différentes émotions comme l’amour et la jalousie. Les écrits du philosophe et psychanalyste Erich Fromm m’ont beaucoup marqué par leur compréhension de la vie et des passions humaines !
Qu’auriez-vous pu devenir si vous n’étiez pas devenu musicien ?
Enfant, je collectionnais des maquettes d’avion dans l’espoir de devenir pilote. Mais le Concerto de Dvořák a finalement décidé de ma vocation…
Si votre instrument était un être vivant ?
C’est comme une personne avec qui je dialogue. Quand je joue, l’instrument émet des sonorités inattendues, et à partir de cela, nous construisons ensemble un échange !
Un chef d’orchestre qui vous a ébloui ?
Rafael Kubelik. Il était comme un patriarche dispensant amour, joie et confiance aux musiciens. Sa présence était particulièrement authentique et intense.
Quel est votre plus grand défaut ?
Je parle trop doucement. Cela m’a joué quelques tours lors de l’expérience avec l’Orchestre Demos où je devais capter et garder l’attention de quinze enfants ! Mais l’expérience Demos génère tellement d’enthousiasme et d’énergie que je suis toujours heureux d’y participer.