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Gilles Henry

Violon

Né en 1955, Gilles Henry débute le violon à l'âge de cinq ans. Il entre à 12 ans au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), tout d'abord dans la classe préparatoire de René Benedetti, puis dans la classe supérieure de Gérard Jarry dans laquelle il obtient son Premier prix. Il est ensuite admis, sur concours, au troisième cycle de perfectionnement où il aura la chance de travailler pendant deux ans avec quelques-uns uns des plus grands maîtres du violon Henryk Szering, Sandor Vegh et Franco GuIli. 
Gilles Henry participe alors à plusieurs concours internationaux : il est semi-finaliste du Concours international Paganini à Gènes, puis lauréat du Concours international de Naples et remporte la Médaille d'argent du Concours international de Genève (pas de Premier prix décerné).

Il participe alors à plusieurs tournées en tant que soliste avec l'Orchestre Jean-François Paillard et suit en même temps au CNSMDP le cycle de perfectionnement de musique de chambre avec son frère Yves en formation de sonate dans la classe de Maurice Crut. Pendant deux ans, ils vont approfondir le répertoire de sonate et découvrir celui du trio auquel ils vont désormais se consacrer.
En 1978, Gilles Henry entre à l'Orchestre de Paris, appréciant de travailler sous la baguette de quelques-uns uns des plus grands chefs d'aujourd'hui. Sa passion pour le métier de musicien d'orchestre le conduit à participer, en tant que membre de l'équipe pédagogique, à la création de l'Orchestre français des jeunes. Il donne également plusieurs concerts avec l'Orchestre national de chambre de Toulouse comme premier violon solo invité.
Parallèlement à ses activités d'instrumentiste, Gilles Henry enseigne au Conservatoire national de région de Rueil-Malmaison.
iw

son
interview

Premières impressions de la Philharmonie ?
Sur certains aspects techniques, cette salle surpasse les plus grandes salles du monde car elle profite de toutes les innovations modernes ! Sur scène, les musiciens partagent la même impression d’intimité que le public.
Une musique que vous chantez sous la douche ?
Je ne chante jamais sous la douche mais je passe mon temps à chanter pendant mes cours pour mes élèves ! Si on ne chante pas, on n’a pas d’oreille. Si on n’a pas d’oreille, on ne peut pas jouer du violon.
La création de l’œuvre à laquelle vous auriez aimé participer ?
Une œuvre inspirée du Sacre du Printemps, mais démentielle, originale : Amériques de Varèse !
Le modèle de votre jeunesse ?
Depuis mes débuts à l’orchestre, j’ai eu la chance d’accompagner les plus grands violonistes du XXe siècle. Entendre la sonorité d’Itzhak Perlman, c’est extraordinaire, tout comme jouer avec Isaac Stern, Henryk Szering, Nathan Milstein, et prendre conscience de la magie de leur sonorité en live. On sent que la musique est l’oxygène de tous ces musiciens d’exception.
Un compositeur au-dessus de tous les autres ?
Bach bien sûr ! Vous entendez une seconde de musique, et vous savez que c’est lui.
Votre meilleur souvenir de concert ?
Parmi les plus récents, Elektra de Strauss au Festival d’Aix-en-Provence. Esa-Pekka Salonen nous a fait travailler dans une détente absolue. Sa battue était tellement claire que les parties les plus ardues coulaient de source, et voir Patrice Chéreau au travail durant les répétitions était passionnant. Il était rayonnant, solaire, je ne savais même pas qu’il était malade.
Le public de vos rêves ?
Le public est toujours formidable car il possède une qualité merveilleuse : il vient au concert ! Il peut applaudir entre les mouvements, cela ne nous gêne pas, mais par contre, il pourrait éviter d’éternuer ou de répondre au téléphone !
Les actions pédagogiques de l’orchestre ?
J’étais parmi les acteurs du projet Demos, où j’étais en charge d’un groupe d’enfants qui avaient été retirés à leurs familles. Même si on le soupçonne, être confronté à une telle dureté de vie chez ces enfants, c’est un choc. Nous avons joué à la Salle Pleyel, fait des soirées spéciales avec eux. Certains de ces gamins étaient incroyablement doués. Ils prenaient leur violon comme s’ils en avaient joué depuis toujours !
Où peut-on vous trouver quand vous n’êtes pas sur scène ?
À l’aéroclub, car j’ai mon brevet de pilote privé depuis 1983. Quand on est tout seul dans son avion et qu’on quitte la planète, la sensation est incroyable. Comme chez les musiciens, il faut savoir garder son sang-froid, avec une partition à respecter sauf qu’ici, c’est beaucoup plus dangereux !
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Une petite cabane au-dessus de la forêt du Jardin des Philosophes à Kyoto !