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Florence Souchard-Delépine

Flûte

Florence Delépine fait ses études musicales au Conservatoire national de région de Tours où elle obtient les Premiers prix de musique de chambre, de déchiffrage et de flûte. Elle entre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), où elle travaille avec Michel Debost et Pierre-Yves Artaud. Elle se voit décerner le Premier prix de musique de chambre première nommée et le Premier prix de flûte.
Depuis 1990, elle est flûte solo à l'Orchestre de Paris.
En 1994, elle obtient le Certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de flûte, et rentre à l'Opéra national de Paris comme flûte super-soliste, poste qu'elle quittera un an plus tard.
Elle enseigne au CNSMDP en tant qu'assistante de Pierre-Yves Artaud jusqu'en 2014, puis de Philippe Bernold.
iw

son
interview

Comment êtes-vous venue à votre instrument ?
Par l’attrait de l’enfant pour ce qui brille (rires). Je devais avoir cinq ou six ans, et derrière les cordes, il y avait cet instrument très séduisant pour l’oreille, extrêmement scintillant.
La qualité d’un bon musicien d’orchestre ?
Il faut aimer travailler en équipe. Chacun a son rôle et un bon équipier, comme sur un bateau, est celui qui garde son rôle. Je tiens la barre mais je ne dirige pas. Et j’adore ce rôle ! Notre pupitre a la chance d’avoir deux capitaines très différents, Vincent Lucas et Vicens Prats qui sont de vrais leaders et en même temps très à l’écoute de l’autre, dans le respect de notre jeu et de la personnalité de chacun.
La plus belle œuvre composée pour votre instrument ?
Pas une œuvre pour flûte solo, mais Daphnis et Chloé de Ravel où la flûte est prépondérante. Quelle œuvre !
Paavo Järvi ?
J’adore sa simplicité et sa spontanéité en concert. Sur scène, il est d’une générosité absolue. Il laisse "parler" les musiciens. C’est la marque d’un très grand chef !
Vos débuts à l’orchestre ?
Pour mon premier concert, j’ai dû jouer Le Sacre du Printemps, quasiment sans répétition. Un stress énorme ! Et en même temps, une énorme fierté car on me faisait confiance : je n’avais pas de le droit à l’erreur. Avant le concert, j’ai écouté l’œuvre en boucle tous les jours et heureusement, cela s’est très bien passé. Idéal pour bien commencer et prendre confiance en soi !
Votre trait principal de caractère ?
Je suis très joueuse. Petite, j’adorais jouer aux cartes, et l’éducation que ma mère m’a donnée a toujours été basée sur le jeu. En musique, c’est la même chose. Parfois, on a du jeu, parfois, on n’en a pas. On peut avoir envie de tenter une nuance improbable : un jour, cela fera une super couleur et un autre jour, ce sera loupé !
Une musique qui vous redonne le moral ?
Le jazz, la musique de Chet Baker par exemple ou les musiques de film. Ou alors les valses de Strauss, pour faire les tâches ménagères… c’est enjoué et cela vous donne le rythme !
Une passion en-dehors de la musique ?
La littérature. Je préfère les pavés aux petits bouquins car on a vraiment le temps de s’attacher à l’histoire. J’adore les classiques, Hugo, Dumas, Zola... En ce moment, je vis avec les personnages de Guerre et Paix ! Je suis très heureuse d’avoir transmis mes deux passions à mes filles puisque l’une est musicienne au Conservatoire de Paris et l’autre fait un mémoire sur Hugo à l’université.
Un héros de fiction que vous adorez ?
D’Artagnan ou l’un des Trois Mousquetaires. Adolescente, je n’arrivais pas à lâcher ce roman et j’ai vécu des mois avec ces héros.
La forme actuelle de l’orchestre ?
Excellente, surtout depuis notre installation à la Philharmonie. Depuis mon arrivée en 1990, l’orchestre s’est presque entièrement renouvelé, mais chaque musicien arrive à garder l’empreinte des anciens tout en apportant quelque chose de nouveau.
Comment vous détendez-vous ?
En mer. Mon père vivait sur un voilier et je fais de la plongée. La mer est une vraie détente, elle agit comme une thérapie. Si je n’ai pas ma dose de mer, mon jeu s’en ressent. Le voilier est un lieu idéal pour travailler ma flûte !