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Fabien Boudot

Violon

Violoniste engagé et passionné, Fabien Boudot intègre le prestigieux Orchestre de Paris en 2000 après deux années en tant que soliste à l'Orchestre National des Pays de la Loire.
Il s'y produit sous la direction de grands chefs tels que Pierre Boulez, Lorin Maazel, Riccardo Chailly, Esa-Pekka Salonen, Herbert Blomstedt, Christoph Eschenbach, Paavo Jarvi et Daniel Harding.
Parallèlement à son activité au sein de l'Orchestre de Paris, il travaille également avec de nombreux ensembles, Malher Chamber Orchestra, Ensemble les Dissonances, European Camerata, les Solistes du Luxembourg. Premier Prix du Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris dans la classe de Pierre Doukan et Olivier Charlier en 1994, il y continue ses études en quatuor à cordes avec Michel Michalakakos ainsi qu'à la Musik-Akademie de Bâle avec Hatto Beyerle et Walter Levin.
Premier violon du Quatuor à Cordes Brancusi avec lequel il obtient de nombreux prix (FNAPEC, Concours International de Musique Française de Guérande, Concours International de Musique de chambre d' Illzach) et suit des master-classes auprès de célèbres quatuors ( Amadeus, Alban Berg, Ysaye, Hagen).
Sa passion pour la musique de chambre l'amène à se produire en France comme à l'étranger avec des musiciens de renom tels que Roland Pidoux, Eric Le Sage, Franck Braley, Sarah Nemtanu, André Cazalet, David Grimal, Roland Daugareil, Paul Meyer, Henri Demarquette, le Quintet Moraguès.
Fabien Boudot attache également une grande importance à la transmission auprès des jeunes en enseignant la musique de chambre et le métier d'orchestre au Festival de Verbier, à l'Orchestre Français des Jeunes et l'Atelier Ostinato, ainsi que vers le monde amateur au sein de l'Orchestre Symphonique et Lyrique de Paris. 
iw

son
interview

Quelle est votre plus grande fierté ?
Faire partie de l’Orchestre de Paris, et je le dis sans flagornerie. Mon arrière-grand-père, qui a joué sous la direction de Charles Munch, son fondateur, plaçait déjà l’Orchestre de Paris parmi les orchestres les plus prestigieux ! En classe de 6e, un professeur m’avait demandé d’écrire sur une feuille le métier que je voulais faire plus tard et j’avais mis : "violoniste à l’Orchestre de Paris" !
Un souvenir de votre concours d’entrée ?
Lors de mon audition, j’allais commencer à jouer lorsque la moitié de l’orchestre s’est installée dans la salle car c’était la pause. Ils étaient une bonne quarantaine pour m’écouter. Bizarrement, cela m’a donné des ailes !
Comment êtes-vous venu au violon ?
Un ami de mes parents m’a mis un jour un violon entre les mains, comme un jouet. Depuis, le violon et moi ne nous sommes jamais quittés.
Votre rapport à l’instrument ?
J’ai la chance d’avoir un très bel instrument de la fin du XVIIe siècle. Il est devenu comme un ami très proche. Plus je le connais, plus je sais comment le mettre en valeur.
Un autre instrument dont vous aimeriez savoir jouer ?
J’aimerais savoir jouer de la guitare électrique. J’ai déjà essayé, mais hélas la position cassée des poignets n’est pas adaptée pour un violoniste. Je me suis même fait une tendinite à force de trop pratiquer ! Alors, je n’ai pas insisté.
La musique qui vous fait du bien ?
Le compositeur qui m’enthousiasme toujours, c’est Haydn, l’un des compositeurs les plus espiègles de toute l’histoire de la musique. Il parvient toujours dans une forme très classique à surprendre auditeurs et musiciens.
À quelle époque musicale auriez-vous aimé vivre ?
Celle de Haydn et Mozart pour les côtoyer au quotidien. Ils composaient un quatuor puis le jouaient dans la foulée...
Que seriez-vous devenu si vous n’étiez pas musicien ?
J’ai toujours adoré le contact avec le bois de mon instrument. Je serais donc devenu luthier, charpentier ou ébéniste.
Un chef qui vous a ébloui ?
Esa-Pekka Salonen avec qui nous avons donné récemment un incroyable Concerto pour orchestre de Bartók. Sa direction, très précise et analytique, convient parfaitement à l’orchestre. Avec lui, une alchimie s’opère.
Que faites-vous après un concert ?
J’écoute un bon disque de Led Zeppelin pour évacuer l’adrénaline !
Un livre de chevet ?
Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar. J’ai été fasciné par le personnage d’Hadrien, un souverain érudit qui a défendu l’unité de l’Empire Romain, tout en recherchant constamment la paix. Préférant user de la diplomatie plus que de l’intervention militaire…
Une musique qui vous fait rire ?
Didier Super, car il prend tous les codes de la musique à rebrousse-poil.
Un engagement qui vous tient à cœur ?
Un pays qui a su former de nombreux musiciens amateurs aura un public très mélomane. Je travaille ainsi régulièrement avec les musiciens amateurs de l’Orchestre symphonique et lyrique de Paris. lls y consacrent tous leurs week-ends, et sont en attente de conseils avec toujours une telle envie de jouer ! On travaille sans chef d’orchestre, c’est passionnant !
Qu’est-ce qui vous révolte ?
La musique classique est trop souvent perçue comme inaccessible, trop élitiste. Il faut créer davantage de passerelles avec le public et repenser le format du concert classique.