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Cécile Gouiran

Violon

Née à Marseille en 1983, Cécile Gouiran étudie le violon au Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Marseille, dans la classe de Jean Ter Merguerian puis au CRR de Nice dans la classe de Fabienne Taccola où elle obtient un Premier prix à l'unanimité.
Après l'obtention du Diplôme d'Etat d'enseignement, elle est admise en 2005 à la Haute école de Musique de Genève, où elle se perfectionne avec Marie-Annick Nicolas.
En 2007, elle intègre l'orchestre de l'Opéra de Marseille en tant que Troisième soliste, avant d'obtenir le poste de Deuxième violon solo en 2009.
Passionnée de musique de chambre, elle a notamment enregistré, avec l'ensemble Les Equilibres, les quatuors de Sandor Veress pour le label hongrois Hungaroton.
Elle intègre l'Orchestre de Paris en 2011.
iw

son
interview

Comment êtes-vous venue au violon ?
J’ai commencé le piano à 4 ans et dans la salle de cours voisine, les petits violonistes jouaient en grand groupe dans une drôle de cacophonie. J’ai eu envie de m’amuser avec eux et j’ai commencé l’année suivante.
Une musique qui a bercé votre enfance ?
Mon père est fou de jazz et m’a transmis sa passion. Avec lui, j’ai écouté vraiment tous les styles, mais depuis quelques années je reviens aux « big bands » des années 30-40 (Count Basie, Glenn Miller, Jimmie Lunceford). C’est une musique qui met de bonne humeur instantanément !
Le déclic pour devenir musicienne ?
À 15 ans, j’ai découvert le Deuxième concerto de Prokofiev. Je n’aimais pas le répertoire du violon jusque-là car je travaillais surtout des pièces mettant en valeur le côté virtuose de l’instrument. Mais les belles sonorités russes de ce concerto, son lyrisme tendre et le caractère parfois sarcastique de cette musique m’ont ouvert de nouveaux horizons, qui méritaient bien qu’on passe sa vie à les explorer !
Un répertoire de prédilection ?
J’ai une fascination pour la musique de Richard Strauss, que j’ai d’abord découvert avec Le Chevalier à la rose. Et il me reste le souvenir inoubliable d’Elektra que nous avons donné avec l’orchestre au Festival d’Aix sous la direction d’Esa-Pekka Salonen....
Quelle musique écoutez-vous chez vous ?
Essentiellement du lyrique, des cantates de Bach aux opéras de Strauss, en passant par Mozart bien sûr. Les voix me touchent infiniment, sûrement parce qu’elles sont rattachées à ma première expérience professionnelle à l’opéra. J’écoute aussi beaucoup beaucoup de musique de chambre, et... très rarement du symphonique ! Peut-être suis-je comblée de ce côté-là ?!
Le plaisir de la scène ?
J’ai débuté à l’Orchestre de l’Opéra de Marseille et j’appréciais beaucoup l’intimité de la fosse qui est un véritable cocon. Sur scène, en orchestre symphonique, je me sentais parfois trop exposée avec toute cette lumière ! Mais l’arrivée à la Philharmonie, qui est une salle très chaleureuse et enveloppante, m’a totalement réconciliée avec la scène.
Un compositeur que vous avez appris à aimer ?
Malher. Sa musique m’effrayait un peu, puis j’ai vu Mort à Venise de Visconti, dans lequel l’Adagietto de la Cinquième symphonie apparaît comme un chant funèbre bouleversant. J’ai pu en profiter lors de notre récente tournée avec Daniel Harding, mais comme il nous l’a rappelé, ce mouvement est une lettre d’amour à Alma, qu’il épousera peu de temps après... Il n’y a finalement rien de triste là-dedans !
Dernier coup de coeur musical ?
Le Deuxième quatuor à cordes de Janáček « Lettres intimes » que j’ai joué la saison dernière avec des musiciens de l’orchestre. Une oeuvre très exigeante, aux sonorités intenses et d’un expressionnisme ardent, qui décrit, à travers une écriture souvent fragmentée, la complexité des sentiments amoureux. Sa musique m’a habitée pendant plusieurs mois, certains motifs fous et obstinés tournaient sans cesse dans ma tête !
Un soliste ?
Truls Mørk que nous avons accompagné il y a quelques années dans Don Quichotte de Strauss. J’aime la sensibilité et la sincérité de son jeu et son humilité. C’est un artiste qui laisse transparaître une certaine fragilité – à mon sens –, et c’est aussi ce qui me touche !
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Je ne voudrais pas vivre ailleurs qu’à Paris ! J’ai l’impression qu’une vie ne suffirait pas pour en découvrir tous les visages.