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Bruno Tomba

Trompette

Né en 1965, Bruno Tomba étudie au Conservatoire national de région (CNR) de Nancy dans la classe de son père, Dino Tomba. Après avoir remporté le Premier prix à l'unanimité du CNR de Nancy et le Premier prix du concours inter-régional, il est Premier prix à l'unanimité, premier nommé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) dans la classe de Pierre Thibaud.
Après avoir été, pendant sept ans, trompette solo à l'Orchestre national du Capitole de Toulouse, il est nommé trompette solo supersoliste à l'Orchestre de Paris en septembre 1992. Il se produit en soliste avec l'Orchestre national de chambre de Toulouse, l'Orchestre du Capitole de Toulouse, l'Orchestre de Nancy et l'Orchestre de Paris. Il donne également des concerts de musique de chambre avec les solistes de l'Orchestre de Paris, les Cuivres Français, l'Ensemble de trompettes de Paris et d'autres ensembles de cuivres.
Bruno Tomba a commencé à enseigner dès 1985 au Conservatoire du Mans, puis à l'École nationale de musique de Troyes. En 1999, il obtient son Certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de trompette et devient professeur au Conservatoire du XIIe arrondissement de Paris, puis professeur assistant au CNSMDP en 2007.
Depuis 2002, Bruno Tomba est formateur sur le logiciel "Finale" à la Mairie de Paris et professeur de gravure musicale assistée par ordinateur au Pôle Supérieur Paris Boulogne Billancourt depuis 2009.
iw

son
interview

Un déclic pour devenir musicien ?
Je voulais faire comme mon père ! Il était professeur au conservatoire et trompette solo de l’Orchestre de Nancy. Si l’on rajoute que mon frère est trompette solo à l’Orchestre de Cannes, et qu’un de mes fils est trompettiste à la Musique de l’air de Bordeaux, c’est une véritable dynastie ! (rires)
Que vous a appris votre métier de musicien d’orchestre ?
À apprendre justement. Et plus j’avance, plus je me rends compte combien je dois apprendre.
Votre œuvre préférée ?
Le Concerto pour orchestre de Bartók. C’est une oeuvre qui utilise de nombreuses possibilités de la trompette et qui a été sublimée par l’interprétation d’Esa-Pekka Salonen lors de sa dernière venue à l’Orchestre de Paris.
L’œuvre la plus difficile ?
J’ai une véritable bête noire : la Symphonie n° 5 de Mahler. Heureusement, nous sommes complémentaires avec mon collègue Frédéric Mellardi. Ce qui l’attire ne m’attire pas forcément et vice versa. Même s’il faut parfois négocier (amicalement) comme lorsque nous voulons jouer tous les deux le Magnificat de Bach !
Un autre instrument dont vous aimeriez savoir jouer ?
Je resterais chez les cuivres et choisirais le cor. Il a l’avantage d’être bien plus sollicité que la trompette. Lors de certains concerts, les trompettistes sont parfois plus spectateurs qu’acteurs.
Un compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
Mozart, car était-ce inné ou le fruit d’un travail acharné, sa musique possède une fluidité incomparable. On n’y sent jamais l’effort.
Une devise ?
Une phrase que disait souvent mon père : "La trompette, c’est le soleil de l’orchestre". C’est un instrument qui est à la fois, brillant et éclatant mais on peut parfois s’y brûler…
Si votre instrument était un être vivant ?
Une femme bien sûr ! Un être très complexe qu’il faut savoir surprendre avec douceur. Et surtout, être toujours éperdument amoureux d’elle.
Un conseil pour un jeune musicien ?
De toujours garder de la rigueur dans le travail. Si l’on veut rester à un haut niveau, il faut accepter de se remettre en cause chaque jour.
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
La musique de film. Les partitions de Jerry Goldsmith, John Williams ou Hans Zimmer, regorgent d’idées superbes. Et quels orchestrateurs ! Ce répertoire mériterait d’être mis davantage en valeur par les grands orchestres.
Un chef qui vous a ébloui ?
Lorin Maazel. D’une intelligence hors-norme. Il était très exigeant et je lui dois le plus beau concert de ma vie ; en tournée, avec une Mer de Debussy d’anthologie. Je lui dois aussi un grand moment de solitude lorsque nous avons joué Le Sacre du printemps de Stravinski. Venant d’arriver à l’orchestre, lors d’une répétition, je suis parti au mauvais moment et son regard m’a littéralement pétrifié.
Le public de la Philharmonie ?
Les gens sont très réactifs. J’aime les entendre applaudir entre les mouvements. C’est important que le public s’exprime en direct. Je dois rajouter, hélas, que cette tendance tend déjà à disparaitre et je le déplore.
Vous plaquez tout, où allez-vous?
Je prends mon bateau et je fais le tour de l’Atlantique. J’espère pouvoir le faire réellement lorsque je partirai à la retraite.