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Benoît Leclerc

Hautbois

Benoît Leclerc fait des études de musique au Conservatoire national de région de Versailles avant d'entrer au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris où il obtient le Premier prix de hautbois en 1981, puis le Premier prix de musique de chambre en 1982.
Il est également lauréat du Concours international d'exécution musicale de Genève.
Depuis 1984, il est soliste à l'Orchestre de Paris.
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son
interview

Comment définiriez-vous votre métier ?
C’est un privilège mais aussi un art de vivre en collectivité. Jouer un programme différent toutes les semaines, au service des plus grands compositeurs et artistes de l’histoire de l’humanité, c’est un métier hors du commun !
Comment êtes-vous venu à votre instrument ?
Par hasard ! Jeune, j’ai appris la guitare et la flûte à bec avec des copains. Comme j’avais des facilités, mes parents ont voulu que je continue sérieusement la musique, mais quand ils m’ont inscrit en classe de hautbois au conservatoire (il n’y avait plus de place en clarinette), je ne savais même pas ce qu’était un hautbois !
De quel autre instrument auriez-vous aimé savoir jouer ?
Le violoncelle, dont le répertoire est sublime et la position instrumentale très naturelle. J’adore les graves de cet instrument !
Un chef ou soliste qui vous a ébloui ?
Daniel Barenboim jouant et dirigeant les concertos de Mozart... Ces souvenirs sont intimement liés à mon arrivée à l’Orchestre. Son piano était tourné vers le milieu de l’orchestre, il jouait dos au public. Nous les hautbois étions juste devant lui et il nous dirigeait du regard. Un souvenir inoubliable...
Paavo Järvi ?
Je me réjouis de l’arrivée de Daniel Harding, mais je regrette un peu le départ de Paavo, car c’est un chef qui a énormément apporté à  l’orchestre. Pour avoir connu d’autres fins de mandat après 32 ans à l’orchestre, je peux vous dire qu’après six saisons, il part au sommet de son travail avec l’orchestre et en excellents termes avec tous. J’espère seulement qu’il reviendra nous voir régulièrement !
Quel compositeur avez-vous appris à apprécier ?
Autrefois, les symphonies de Mahler me touchaient énormément. Aujourd’hui, ce sont les symphonies de Bruckner qui me bouleversent. J’y retrouve la profondeur mystique qui me relie à Bach, qui est mon compositeur préféré.
Le public qui applaudit entre les mouvements ?
Les musiciens sont au service du public et non le contraire. Nous ne sommes pas là pour faire respecter une grande messe immuable mais pour leur offrir le meilleur de nous-mêmes. Bien sûr, on préfère que les spectateurs ne toussent pas trop mais tous les applaudissements sont les bienvenus !
Votre plaisir artistique coupable ?
J’adore la science-fiction… Star Wars, Star Trek… Le moindre nanar (ou chef-d’oeuvre) qui se passe dans l’espace, je cours le voir !
Qu’est-ce qui vous révolte ?
Le retour des nationalismes en Europe. Je suis choqué par la façon dont l’Europe traite la crise actuelle des réfugiés. C’est un peu le contraire de ce qu’on vit en musique. Dans un orchestre, les musiciens et le chef viennent de tous les pays et c’est un métier qu’on peut faire partout y compris si on ne parle pas la langue.
L’évolution de l’orchestre ?
J’ai connu quatre directeurs musicaux et cinq directeurs généraux depuis mon arrivée à l’orchestre. Cela me fait dire que les musiciens sont la seule base permanente de l’orchestre ! Nous avons une histoire collective à raconter et je suis particulièrement heureux que la génération des 30/40 ans prenne aujourd’hui les choses en main. L’installation dans cette merveilleuse Philharmonie a été un formidable accélérateur. Nous nous y sentons extraordinairement bien.