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Anne-Sophie Le Rol

Violon

Née en 1990 à Paris, Anne-Sophie Le Rol débute le violon à l'âge de 4 ans.
Après un Premier Prix à l'unanimité du jury en 2000 au Conservatoire National de Région de Paris, elle obtient la Licence de Musicologie à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV). Diplômée d'un Master au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où elle se forme dans la classe de Régis Pasquier et de Philippe Aïche, elle bénéficie des conseils de grands artistes tels que Salvatore Accardo, Alexandre Vinnitski, Roland Daugareil, Claire Désert, Ami Flammer, Bruno Pasquier, Roland Pidoux, Marc Coppey, Michel Moraguès, David Walter, Hae-Sun Kang et Vladimir Mendelssohn.
Très jeune, Anne-Sophie Le Rol remporte de nombreux concours nationaux et internationaux et joue régulièrement en soliste à Beyrouth, avec l'Orchestre National Symphonique du Liban, l'Orchestre de Caen, la Camerata de Bourgogne. Elle est l'invitée de nombreux festivals et rencontres musicales tels les récitals de printemps à Saint-Jean-de-Luz, le festival « Carré d'As » à Dreux, le festival Classique au Port à La Rochelle, les nuits du Suquet à Cannes, le festival de Nîmes, la saison musicale de l'Epau, le festival de Pâques de Deauville, etc.
Depuis décembre 2010, Anne-Sophie travaille régulièrement avec David Grimal et rejoint l'Ensemble Les Dissonances avec lequel elle a pu se produire dans les plus prestigieuses salles européennes (Cité de la Musique à Paris, Auditorium de Dijon, Théâtre du Volcan au Havre, Théâtre d'Auxerre, etc.).
La musique de chambre lui tient également à coeur : les festivals et concerts auxquels elle est l'invitée lui permettent de partager sa passion aux côtés d'artistes de renoms tels que Régis Pasquier, David Grimal, Laurent Korcia, Lise Berthaud, François Salque, Xavier Phillips, David Gaillard, Vahan Mardirossian, Romain Guyot, etc. Elle participe à de nombreux programmes télévisés et radiophoniques et ses concerts reçoivent toujours les meilleures critiques françaises et étrangères.
Concernée par la musique de notre temps, elle s'attache à faire connaître des œuvres de compositeurs encore méconnus, et contribue à la création et à l'enregistrement d'œuvres nouvelles notamment en collaboration avec l'IRCAM ainsi qu'avec l'ensemble 2e2m.
À seulement 21 ans, Anne-Sophie devient membre de l'Orchestre de Paris, ce qui la conduit à parcourir le monde et à jouer dans les plus grandes salles comme la salle Pleyel, le Théâtre des Champs-Elysées, la Cité de la Musique, au Suntory Hall de Tokyo en passant par l'Estonie, la Corée du Sud et la Chine ; et sous la baguette des chefs les plus prestigieux tels que Lorin Maazel, Christoph Eschenbach, Paavo Järvi, Daniel Barenboim, Pierre Boulez, etc.
En 2012 elle devient membre du quatuor à cordes Thymos avec lequel elle étend son répertoire de l'époque classique jusqu'à la création contemporaine.
Anne-Sophie Le Rol joue un violon Nicolo Gagliano de 1763.
iw

son
interview

Une musique qui a bercé votre enfance ?
Un peu avant même, puisque ma mère écoutait les symphonies de Beethoven quand elle était enceinte ! J’imagine que cela a influé sur ma vocation.
Qu’auriez-vous vu pu devenir si vous n’étiez pas devenue musicienne ?
Championne de natation. J'ai fait de la compétition jusqu’à l´adolescence, puis on m’a demandé de choisir entre la piscine et le violon. J’aimais beaucoup la compétition, cela crée de l’adrénaline, un peu comme quand je me produis sur scène !
Votre rapport à l’instrument ?
Le violon est un objet qu’on apprend à connaître comme un ami. J’ai la chance d’avoir un instrument italien de Nicolo Gagliano de 1763. Je suis plus de passage dans la vie de mon violon qu’il ne l’est dans la mienne.
Un compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
Brahms pour qu’il m’explique comment il réussit de si longues et belles phrases. J’adore son Concerto pour violon. Ce romantisme, cette passion, c’est tout ce que j’aime en musique. Je suis également une grande fan de Bartók et Stravinski.
Si vous deviez apprendre à jouer d’un autre instrument ?
Je suis très heureuse avec mon violon ! C’est un instrument d’une telle richesse : d´un côté, le bras gauche fait les notes, et de l'autre, le bras droit façonne les sons, comme deux êtres qui se complètent.
Un chef qui vous a éblouie ?
Zubin Mehta. Ce n’est pas une personnalité que nous avons l’habitude de voir pour quelqu’un de ma génération. Il est impressionnant de charisme, et en répétition, il parvient en très peu de mots à nous faire partager sa conception symphonique. J’espère qu’il reviendra bientôt diriger l’orchestre !
Un répertoire que vous adorez jouer ?
Les symphonies de Mahler. Je dois dire qu’elles sont fantastiques à jouer. On sent vraiment la masse symphonique sous ses pieds. Une impression quasi physique. La saison dernière, nous avons donné la Première, "Titan", avec tous ces cors qui se lèvent à la fin et qui apportent une dimension incroyable. La Dixième que nous venons de jouer avec Daniel Harding a également été un bonheur !
Un concert inoubliable ?
Le concert que nous avons donné en tournée en Belgique le lendemain des attentats de novembre 2015. Un moment bouleversant puisque nous avons commencé par La valse triste de Sibelius, en hommage aux victimes.
Les actions culturelles ?
Avec l’orchestre, on a souvent l´occasion de faire des interventions dans les hôpitaux, notamment à l’Hôpital Trousseau. Je me souviens d´un nourrisson qui avait à peine un mois et dont le visage s’est immédiatement éveillé lorsque nous avons commencé à jouer ! Quant aux plus grands, ils se mettent parfois à danser. Cela fait plaisir de voir que nous, musiciens, avons la possibilité de créer des émotions très fortes.
Votre péché mignon ?
La gourmandise. J’aurais adoré faire des études d’hôtellerie ou de restauration. Ma mère, qui était d’origine chinoise, faisait des plats cantonais merveilleux. En l’observant, j’ai beaucoup appris !