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André Cazalet

Premier cor solo

André Cazalet obtient deux premiers prix au CNSMDP. Après avoir été soliste de l'Ensemble Intercontemporain de Pierre Boulez, il occupe depuis 1980 le pupitre de cor solo de l'Orchestre de Paris. Il mène parallèlement une carrière de soliste et se produit sous la direction de Christoph Eschenbach, Paavo Järvi, Semyon Bychkov, Wolfgang Sawallisch, Péter Eötvös, John Nelson, Antonio Pappano, etc.
Partenaire de musique de chambre recherché, il s'est produit avec Daniel Barenboim, le Quatuor Talich, Pascal Rogé, Gérard Caussé, Maurice Bourgue, Katia et Marielle Labèque, Jean-Pierre Rampal, Emmanuel Pahud, Schlomo Mintz, Christoph Eschenbach, Pierre-Laurent Aimard, Christian Tetzlaff, Boris Berezovsky, Julian Rachlin, etc. Il est le dédicataire et le créateur de nombreuses pièces pour son instrument. Son enregistrement des trios pour piano, violon, cor de Brahms et Ligeti a reçu le Grand prix du Disque.
Nommé aux Victoires de la Musique en 2011, André Cazalet est Chevalier des Arts et des Lettres.
iw

son
interview

Quand êtes-vous entré à l’orchestre ?
J’étais soliste à l’Ensemble intercontemporain lorsque j’ai réussi le concours de cor solo de l’Orchestre de Paris en 1979. Je savais que cette opportunité ne se reproduirait pas avant longtemps. Et c’est un choix que je n’ai jamais regretté.
Votre rapport à la création musicale ?
J’ai créé plusieurs œuvres, dont certaines ont été écrites pour moi ! Jouer de la musique contemporaine vous donne un regard différent sur la musique classique. Le contact avec les compositeurs est toujours intense. Je me souviens notamment de l’intransigeance de Gérard Grisey ou de la personnalité très complexe de Ligeti.
Un compositeur dont vous estimez qu’il n’est pas reconnu à sa juste valeur ?
Il y a un compositeur anglais (que l’Orchestre de Paris n’a jamais joué) dont j’apprécie beaucoup l’univers féérique: Frederick Delius !
Pourquoi avez-vous choisi le cor ?
Officiellement, parce que j’aime la sonorité du cor. Mais il existe une version plus romantique: je suis né à Pau, et c’est là que Vigny a composé son poème Le Cor qui commence par le vers: "J’aime le son du cor, le soir, au fond des bois".
Votre répertoire de prédilection ?
Celui que je vais jouer ce soir (rires). En tout cas, c’est ainsi qu’un musicien d’orchestre doit envisager un concert.
Faites-vous des rêves ou des cauchemars en musique ?
Dans mes rêves, je perds souvent mes partitions. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé l’été dernier au Festival Pablo Casals! Je jouais le Sextuor de Dohnányi et le quatrième mouvement était resté dans les coulisses. Il a fallu arrêter pour aller chercher la partition. C’était vivre un de mes pires cauchemars.
Si votre instrument était un être vivant ?
Il n’est vivant que si je le joue ! J’aime particulièrement la réponse du violoniste Jascha Heifetz à une dame qui était venue le féliciter en lui disant: "Maître, votre violon a une sonorité extraordinaire !". Heifetz a alors porté le violon à son oreille et déclaré : "Chère madame, je n’entends rien !"...
Des chefs d’orchestre qui vous ont particulièrement impressionné ?
J’ai eu la chance de jouer avec Georg Solti, Karl Böhm, Leonard Bernstein ou Carlo Maria Giulini. Il est presque impossible d’expliquer leur charisme ; ils sont comme ces acteurs qui crèvent l’écran.
Qu’est-ce qui vous révolte ?
L’intégrisme, dans tous les domaines et sous toutes ses formes.
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Pour le moment, je plaque la Salle Pleyel pour aller à la Philharmonie. Et j’emmène le public avec moi !