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Alexandre Bernon

Troisième violoncelle solo

Alexandre Bernon débute ses études musicales au Conservatoire national de région (CNR) de Metz, où il obtient en 1996 les Premiers prix de violoncelle (classe de Jean-Charles Rougier), de formation musicale et de musique de chambre.
Il se perfectionne ensuite au CNR de Boulogne-Billancourt auprès de Xavier Gagnepain et d’Hortense Cartier-Bresson et obtient en 1998 un Premier prix à l’unanimité de musique de chambre. Après avoir intégré le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe de Michel Strauss en 1999, il obtient à nouveau un Premier prix mention très bien à l’unanimité en 2003.
Alexandre Bernon est membre de l’Orchestre de Paris depuis avril 2004 et occupe le poste de violoncelle troisième solo depuis février 2005.
iw

son
interview

Quelle est votre plus grande fierté ?
Sur le plan professionnel, d’être entré à l’Orchestre de Paris. Je dois dire que lorsqu’on a goûté à cette qualité et à cette ambiance de travail, il est difficile d’y résister.
Que vous a appris votre métier de musicien d’orchestre ?
Le partage, la tolérance, la patience. Un musicien d’orchestre vit au contact des autres si bien qu’il a parfois fallu faire violence à mon tempérament solitaire.
Le compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?
J’adore Chostakovich, notamment ses musiques liées à des événements historiques précis. Les questions de liberté et de censure dans la création artistique m’ont toujours passionné. J’admire la violence expressive de sa musique mais aussi son côté sarcastique et mélancolique.
Un musicien qui vous a impressionné ?
Rostropovitch quand il est venu diriger l’orchestre pour la dernière fois. C’était une grande émotion car je l’admirais énormément. C’est toujours beau de rencontrer une de ses légendes !
Une réplique de film culte ?
Impossible de résister à Bernard Blier quand il dit dans Les Tontons Flingueurs : "Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile !" D’une manière générale, j’aime beaucoup les films comiques des années 50/60.
Qu’emportez-vous toujours en tournée ?
Un tire-bouchon. Avec quelques collègues œnophiles, nous avons notre rituel de tournée. Nous nous retrouvons toujours pour une dégustation-découverte de vins locaux, comme ce fut le cas en Hongrie dernièrement.
Le répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
La musique baroque. C’est une musique qui pourrait nous ouvrir de nouveaux horizons, et procurer au public comme à nous-mêmes de nouvelles perceptions sensorielles. C’est avec joie que j’ai accueilli la nomination de Thomas Hengelbrock (qui est un spécialiste de ce répertoire) en tant que chef associé.
De quel autre instrument aimeriez-vous savoir jouer ?
Des timbales. J’aurais eu beaucoup de plaisir à observer tous les musiciens en même temps. Une manière d’être au centre et en retrait…
Une œuvre méconnue pour votre instrument ?
Je pense à deux œuvres : la Sonate pour violoncelle de Strauss, notamment le deuxième mouvement d’une mélancolie incroyable, et Epiphanie d’André Caplet, une pièce pour violoncelle et orchestre de toute beauté.
Un répertoire autre que classique ?
J’adore les Daft Punk, pour leur musique comme pour leur génie marketing. Cette idée de robots musiciens est remarquable tant elle fonctionne à tous les niveaux (sur le plan musical et artistique comme sur le plan commercial).
Vos passions en-dehors de l’orchestre ?
L’œnologie. De la théorie au plaisir de la dégustation, en passant par la découverte des terroirs et de leur histoire. La curiosité, la mémoire sensorielle... Une science incroyable !
Vous plaquez tout, où allez-vous ?
Je me construis un chalet en montagne. La montagne m’est indispensable pour me ressourcer. Je suis d’un tempérament plutôt solitaire et j’ai besoin de calme et de silence.