Concert avec entracte - fin du concert aux environs de 22h20
L’un des concerts les plus originaux de la saison, associant musique contemporaine et couleurs début de siècle, emmené par le chef Josep Pons qui fait chanter l’orchestre.
Josep Pons, grand maître des couleurs orchestrales, est le plus français des chefs espagnols. Et son programme le confirme. Avec Chausson et Ravel, frères et pourtant bien différents, écrivant tous deux des œuvres décisives pour le violon qu’il est impossible de baptiser concertos tant l’instrument soliste est nu, exposé, contrasté. Avec le violon solo de l’Orchestre de Paris, Philippe Aïche, avec Katia et Marielle Labèque qu’on retrouve enfin après dix ans d’absence. Avec Scriabine, qui vécut à Paris, concevant sa musique toujours plus personnelle, ascensionnelle, dont l’Orchestre est un magnifique interprète.
Mais on pourrait trouver un autre fil conducteur à ce concert : Josep Pons vient aussi du chant, lui-même choriste quand il était enfant. Il sait privilégier cette expressivité dans la musique instrumentale. Il ne pouvait qu’être attiré par la transcription pour orchestre, percussions et pianos que Gonzalo Grau vient de réaliser de
La Pasion según San Marcos de Golijov qu'on entendra en création mondiale.
Cas plutôt rare dans le monde de l’orchestre, Josep Pons a d’abord été chanteur, enfant-maitrisien au monastère de Montserrat en Catalogne. De ce précieux apprentissage, il garde le plaisir de chanter la courbe d’une phrase à ses musiciens en répétition. Et un sens de la polyphonie, de l’équilibre entre les voix, atout important pour la clarté d’une interprétation.
Au milieu des années 80, Josep Pons devint directeur de l’orchestre de chambre du théâtre Lliure de Barcelone, un lieu de création pour l’après franquisme. Son engagement artistique à mieux faire connaître les musiciens espagnols du début du siècle –Falla, Mompou, Albéniz-, mais aussi les compositeurs vivants –Luis de Pablo, Cristobal Halffter- fit grandir sa réputation. Il fut nommé à la direction musicale de l’orchestre de Grenade, avant de tenir aujourd’hui celle de l’Orchestre National d’Espagne. C’est la troisième apparition de Josep Pons à la tête de l’Orchestre de Paris, toujours autour du répertoire des modernes.
C’est dans la classe de Christian Ferras le grand violoniste français de l’après guerre qui signa une série d’enregistrements avec Karajan que le violoniste a travaillé au Conservatoire de Paris à la fin des années 70. En 1985, il entre comme violoniste à l'Orchestre de Paris avant d’en devenir l’un des Premiers violons solos en 1991.
Lauréat des Concours internationaux de violon "Tibor Varga" (Sion) et "Lipizer" (Italie), il a développé son activité de soliste, aussi bien en soliste invité qu’avec l’Orchestre de Paris (
Double concerto de Brahms en compagnie d'Emmanuel Gaugué, violoncelle solo, sous la direction de Wolfgang Sawallisch,
Concerto pour violon de Korngold sous la direction de Christoph Eschenbach).
Philippe Aïche s’intéresse à la création (il est le dédicataire du
Deuxième concerto pour violon d’Eric Tanguy), à la musique de chambre (il a contribué à la réputation du quatuor Kandinsky) et à la direction d’orchestre.